Sans doute pour la première fois, le gouvernement énonce clairement le fond de sa stratégie macroéconomique et financière, son objectif et ses moyens. Le cœur de la cible est la stabilisation, voire l’abaissement, de la dette publique (rapportée au PIB). C’est là le fond de l’affaire. Le moyen central pour obtenir ce résultat ? La réduction du déficit public (lui aussi rapporté au PIB). Cette stratégie ne coule-t-elle pas de source ? Pour faire baisser cette dette insupportable, il faut combattre les déficits publics. Il y a là une évidence que se plaisent à répéter à longueur de temps nos responsables politiques en charge des finances publiques, avec une insistance assumée depuis le changement de gouvernement, et la plupart des grands médias.
Nous voulons démontrer ici tout d’abord la fragilité du dispositif central retenu par le gouvernement. En reprenant certaines prévisions données par le FMI (Fonds monétaire international), le 8 avril dernier, et qui diffèrent légèrement de celles du gouvernement, on peut établir que le scénario gouvernemental n’aboutit pas de façon évidente à abaisser la dette publique, ni même à la stabiliser, mais au contraire peut l’augmenter.
Nous voulons ensuite, dans le prolongement du résultat précédent, insister sur l’erreur gouvernementale de croire que la lutte contre les déficits aboutira finalement à l’abaissement du ratio de dette. Le surendettement du pays est d’ores et déjà insoutenable et ne peut donc pas être combattu par une politique économique, aussi rigoureuse ou austère soit elle, sauf à démanteler totalement l’Etat social, avec des conséquences politiques et sociales qui seront alors incalculables.
C’est l’impasse. Pour en sortir, la solution doit être recherchée dans le contexte d’une situation internationale où les grands pays sont tous actuellement surendettés, et pas seulement ceux de la zone euro. (...)