Ce jeudi se déroule le procès de Nicole Briend, militante d’Attac jugée pour avoir participé à une action de « fauchage de chaises » dans une agence BNP Paribas. Alors que l’évasion fiscale se pratique à grande échelle sous le regard complaisant des autorités françaises et européennes, les auteurs de cette tribune considèrent qu’il est « légitime » de mener des actions de désobéissance civile.
Une mobilisation de soutien à Nicole Briend est organisée ce jeudi à Carpentras pour demander la #RelaxePourNicole.
Cette militante risque cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende pour vol en réunion et refus de prélèvement ADN. Elle n’a pourtant rien d’une voleuse : les chaises n’ont pas été réquisitionnées pour servir son intérêt personnel et elles ont depuis été restituées... au Trésor public.
Alors que BNP-Paribas poursuit ses pratiques d’évasion fiscale à grande échelle, l’État préfère poursuivre une militante qui dénonce, de façon non violente, l’évasion fiscale de la plus grande banque européenne. BNP-Paribas est toujours la banque française la plus implantée dans les paradis fiscaux, où elle détenait 198 filiales en 2017. Rappelons que chaque année, du fait de l’évasion fiscale, ce sont entre 60 et 80 milliards d’euros qui échappent aux caisses de l’État et grèvent les budgets des finances publiques.
Depuis rien n’a été fait pour mettre fin à ce scandale. (...)
mener des actions de désobéissance civile pour mettre fin à l’évasion fiscale n’a jamais été aussi légitime. Comme l’a d’ailleurs reconnu le TGI de Paris, à propos des actions d’Attac visant Apple, l’action à laquelle a participé Nicole Briend s’inscrit dans le cadre d’une « campagne d’intérêt général sur le paiement des impôts et l’évasion fiscale »