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L’économiste et le romancier
* En hommage à Bernard Maris, tué le 7 janvier dans les bureaux de Charlie Hebdo, nous vous proposons le compte rendu de son dernier essai.
Article mis en ligne le 28 janvier 2015
dernière modification le 24 janvier 2015

Un ouvrage qui, à travers l’œuvre de Houellebecq, dénonce les théories économiques, responsables d’une société devenue invivable pour l’homme.

Le titre de son essai "Houellebecq économiste" est une référence au tableau du personnage de La Carte et le Territoire (2010) intitulé Michel Houellebecq, écrivain.

Bernard Maris pense qu’aucune étude sociologique ou psychologique ne rend compte du réel comme le roman. Et il distingue les œuvres de Houellebecq parce qu’il juge qu’il est « le premier à avoir mis en musique avec autant de talent cette guerre » qu’est la compétition économique.

L’œuvre de l’auteur d’Extension du domaine de la lutte donne des armes nouvelles pour fustiger l’idéologie économique dominante – le néo-libéralisme, la mondialisation, le jeu de la concurrence libre et non faussée, la recherche de la croissance et du profit – et souligner combien l’économie est devenue une arme de destruction massive.

La suprématie des sciences économiques

Bernard Maris met en évidence le fait que les romans sont traversés par les discours économiques et font état des théories d’Alfred Marshall, Joseph Schumpeter, John Maynard Keynes, Karl Marx ou Thomas Robert Malthus. Le romancier mentionne effectivement ces économistes, pour les décrédibiliser. De la même manière, il rejette tous les philosophes modernes de Sartre à Foucault. Il inscrit en effet ses personnages dans une époque précise : les enfants de la classe moyenne, issus de la génération de mai 68. Ceux-ci ont cru qu’ils auraient une vie exaltante, portée par le progrès et les combats pour l’émancipation de l’individu. Mais la dérégulation n’a fait que déplacer son aliénation ; elle a même propagé la frustration dans la vie intime, concentrée chez Houellebecq à la vie sexuelle. (...)