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Le Monde
L’écologie absente de la campagne électorale italienne malgré des catastrophes climatiques à répétition
Article mis en ligne le 19 septembre 2022

La question environnementale occupe une place marginale dans les débats et les programmes des principales formations politiques. Seuls la crise énergétique et les grands projets d’aménagement sont abordés.

La multiplication des épisodes climatiques extrêmes qui ont frappé l’Italie ces derniers mois (orages meurtriers dans les Marches, effondrement d’un glacier en juillet, sécheresse historique dans la vallée du Pô, incendies à répétition) aurait pu ramener la question de l’urgence climatique au cœur des débats politiques à l’approche du scrutin législatif du 25 septembre, mais force est de constater qu’elle reste à la marge de cette campagne.

L’Observatoire de Pavie (Nord), un centre de recherche spécialisé dans la communication, a publié, jeudi 15 septembre, une étude assez accablante. Pendant les deux premières semaines de campagne, du 21 août au 4 septembre, les scientifiques ont épluché les journaux télévisés et les principaux talk-shows sur la RAI et les deux principales chaînes privées italiennes. Il en ressort que moins de 0,5 % des interventions des principaux candidats portent sur la crise climatique. L’étude, réalisée en partenariat avec Greenpeace, a également analysé les profils Facebook de 14 leaders politiques, et les effets du dérèglement climatique n’y sont mentionnés que dans à peine plus de 2 % des posts. Les programmes des diverses formations en lice ne sont guère plus prolifiques, hormis du côté de la coalition de centre-gauche, distancée dans les sondages. (...)

Manque d’audience pour « des sujets majeurs »

Si la transition écologique se retrouve dans de nombreuses bouches, campagne électorale oblige, elle est surtout analysée à travers le prisme de la crise énergétique. « Or il faut être conscient que la politique énergétique italienne a toujours été conçue en fonction des intérêts d’un producteur d’hydrocarbures, le groupe ENI », souligne Matteo Leonardi, cofondateur et directeur exécutif du centre de réflexion Ecco Climate, avant de pointer le manque d’ambition écologique du plan de relance européen (PNRR) mis en place par le gouvernement Draghi. (...)

Illustration :
Des manifestants, dont des membres d’Extinction Rebellion et de Fridays for Future, protestent pour demander plus d’action alors que les ministres du climat et de l’environnement du G20 se réunissent à Naples le 22 juillet 2021.