Selon une étude récente, la forêt amazonienne relâche plus de gaz à effet de serre — CO2, méthane, protoxyde d’azote… — qu’elle n’en absorbe. En cause ? La déforestation, les incendies de forêts, l’élevage de bétail ou les barrages.
C’est l’une des plus grandes forêts du monde : l’Amazonie couvre une surface de 550 millions d’hectares, soit 8,5 fois la France, et elle abrite soixante fois plus d’arbres que d’êtres humains. Ces milliards d’arbres puisent dans l’atmosphère d’énormes quantités de dioxyde de carbone (CO2), dont ils se servent pour créer leur matière organique au moyen de la photosynthèse.
Mais ce processus ancestral semble se dérégler sévèrement, assure un article paru dans le journal Frontiers in forest and global change. L’originalité de l’étude dirigée par Kristofer Covey est de s’intéresser aux rétroactions climatiques du bassin amazonien avec d’autres agents de l’effet de serre — méthane (CH4), protoxyde d’azote (N2O), carbone noir, composés organiques volatils biogéniques, aérosols, évapotranspiration et l’albédo. Ces rétroactions sont, selon l’étude, fortement altérées par les incendies, les changements d’affectation des terres, le développement des infrastructures et les tempêtes.
Car le CO2 n’est en effet pas le seul acteur du réchauffement climatique. Et les scientifiques font l’hypothèse que le réchauffement actuel dû aux agents non-CO2 (en particulier le méthane et le protoxyde d’azote) dans le bassin amazonien annule — et même dépasse très probablement — le service climatique fourni par l’absorption de CO2 atmosphérique par la forêt amazonienne.
L’élevage de bétail : une forte source d’émissions de méthane (...)
Les émissions de protoxyde d’azote par le bassin amazonien sont tout aussi problématiques. Le N2O est un gaz à effet de serre extrêmement puissant. L’utilisation intensive d’engrais azotés dans les cultures, l’épandage de lisier issu de l’élevage [1] et l’augmentation des feux de forêts sont autant de facteurs qui favorisent l’augmentation de ses émissions. (...)
Le réchauffement global a également des conséquences sur la biologie des arbres, que les chercheurs tentent encore de démêler. (...)
Comment quantifier l’influence des gaz et particules dans le bilan émissif de l’Amazonie ? C’est l’objet d’une intense recherche scientifique. (...)