La contre-offensive des mis en examen dans l’affaire de Tarnac se poursuit dans le champ médiatique. Lors d’une conférence de presse organisée lundi, deux mis en examen, dont le chef présumé de la conspiration Julien Coupat, ont cisaillé le dossier et "la fiction politique et policière".
(...) La perspective d’un procès paraît maintenant improbable aux mis en examen, tant le dossier est en pièce. Les nombreuses faiblesses ne permettent plus de soutenir les allégations initiales, affirment-ils. Des trous qui ne sont pas propres à cette affaire explique Julien Coupat : (...)
Julien Coupat évoque le pré-terrorisme, la volonté des autorités de prévenir tout acte délictueux avant qu’il ne soit commis. La nouvelle doctrine européenne de lutte contre les militants anarchistes ou associés a été impulsée par la Grande-Bretagne. Elle a fait la démonstration de l’efficacité de ses moyens, détaille-t-il : “La police française a été bluffée par la police britannique”.
Les services de sécurité britannique apparaissent, à couvert, dans le dossier contre Tarnac. Un espion anglais, Mark Kennedy, connu alors sous le nom de Mark Stone, serait la source principale ayant permis l’ouverture de l’enquête préliminaire en avril 2008. Les premiers renseignements sur “le groupe de Tarnac” mettent l’accent sur les déplacements internationaux du groupe et ses supposées ramifications.
Les mis en examen veulent aujourd’hui comprendre quel rôle précis a pu jouer ce fameux espion anglais. Une conférence de presse est organisée mercredi à l’Assemblée nationale. Pour Julien Coupat, l’espion anglais est une illustration de cette lutte contre le pré-terrorisme, inspirée par l’Intelligence-led-policy : “Un agent provocateur est envoyé pour déceler les futurs terroristes.”
Ni Julien Coupat, ni Mathieu Burnel, ne pensent que cette doctrine pourrait être abandonnée avec le nouveau gouvernement. (...)