Le conseil exécutif de l’OMS se termine, ce mardi. L’organisation a instauré des outils de partage que les États riches et Big Pharma continuent de boycotter, au risque de le payer cher…
Les mots s’envolent, la pandémie reste. Après une semaine de travaux, le conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’achève, ce mardi. Derrière quelques avancées, comme la mise en place d’un processus multilatéral de surveillance et de partage de connaissances sur les nouveaux variants du coronavirus, la paralysie globale a de quoi inquiéter. (...)
Tous les grands discours sur l’indispensable solidarité internationale face au Covid-19 ont été tenus, avec notamment celui, remarqué, d’Anthony Fauci annonçant au nom de Joe Biden le maintien de son pays dans l’agence onusienne : « Les États-Unis sont prêts à travailler en partenariat et de façon solidaire pour soutenir la réponse internationale à la pandémie de Covid-19 », a assuré le conseiller santé de la Maison-Blanche. Mais, derrière les promesses, les actes ne suivent pas du tout… (...)
40 millions de doses pour 92 États, soit... une goutte d’eau
Dans les faits, avec Big Pharma seul aux commandes, grâce aux monopoles assurés par le régime de la propriété intellectuelle et des brevets, malgré les montagnes de fonds publics engagés dans la lutte contre la pandémie, rien ne marche comme il faudrait. Après que les pays les plus riches ont mis la main sur l’écrasante majorité des premiers stocks de vaccins homologués, ou en passe de l’être, les multinationales, comme Pfizer ou désormais AstraZeneca, annoncent des retards dans les livraisons aux États-Unis ou en Europe. Les pays avec les revenus plus faibles voient dès lors leurs perspectives d’accéder aux précieux sérums s’éloigner encore plus. Or, comme l’a rappelé ces derniers jours Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, « plus longtemps nous attendrons pour fournir des vaccins, des tests, des traitements à tous les pays, plus vite le virus prendra le dessus, avec l’émergence de nombreux variants potentiels, avec un risque plus important encore que les vaccins d’aujourd’hui deviennent alors inefficaces ». (...)
Signe d’une « faillite morale catastrophique » – selon le mot du docteur Tedros lors de l’inauguration des débats, la semaine dernière – en matière de coopération internationale, les deux principaux mécanismes de solidarité et de mutualisation mis en place avec le concours de l’OMS ne fonctionnent pas, tant s’en faut. Il manque ainsi des dizaines de milliards d’euros que devraient apporter les États les plus riches au dispositif Covax, censé permettre l’accès aux vaccins des pays qui n’ont pas les moyens de les payer… (...)
Une facture qui peut s’élever à plus de 4 000 milliards d’euros
L’autre programme, la plateforme visant à centraliser les technologies, les savoir-faire et les brevets (C-TAP), n’a, lui, strictement rien reçu depuis sa mise en place en mai 2020 : pas la moindre multinationale n’a, dans une démarche volontaire, choisi d’y participer et les États les plus puissants, à commencer par la France d’Emmanuel Macron, l’ont boycotté, en dépit des grandes envolées sur la nécessité de faire du vaccin anti-Covid un « bien public mondial ». (...)