Le mouvement "Occupons Wall-Street" prend de l’ampleur : "Nous sommes les 99% qui ne tolèreront plus longtemps la cupidité et la corruption du 1% restant", peut-on lire sur leur site.
Ils rejoignent en cela le mouvement des Indignés espagnols qui avaient mis en tête de leurs revendications l’élimination des privilèges de la classe politique et l’imprescriptibilité des délits de corruption
Ces mouvements témoignent d’une forte sensibilité des citoyens à la corruption, qui s’est déjà manifesté dans bien d’autres circonstances.
(...) Dans les contextes politiques les plus difficiles, les peuples ont su réagir. Le Brésil a destitué pour corruption le président Collor de Mello, le Pérou a poursuivi et condamné le président Fujimori, le Costa Rica le président Miguel Angel Rodriguez, la Thaïlande le président Thaksin Shinawatra. Trois présidents ont été poursuivis pour corruption en Corée du Sud, dont deux ont été condamnés. Une partie des fonds Marcos (Philippines), Abacha (Nigéria), Salinas (Mexique) ont été récupérés. La corruption a été un facteur important de mobilisation contre les présidents Ben Ali et Moubarak en Egypte, jusqu’à leur chute. (...)
Et l’activisme anti-corruption se développe.
En Inde, Anna Hazare a entamé cet été une grève de la faim afin que le gouvernement promulgue des lois anti-corruption efficaces. Il a suscité un mouvement de masse qui s’est achevé par une triomphe en août dernier.
En septembre, des marches contre la corruption ont eu lieu au Brésil, contraignant quatre ministres soupçonnés de corruption à démissionner.
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L’Europe aussi est concernée. En 2009, d’importantes manifestations de rue avaient été organisées à Valence, en Espagne, pour protester contre la corruption du gouvernement de la Communauté autonome. Celui-ci a démissionné en juillet 2011.
La protestation peut aussi prendre d’autres aspects. En Italie, cela faisait 16 ans que le quorum n’avait pas été atteint pour organiser un référendum. En juin dernier, ce fut le cas et environ 90% des Italiens ont rejeté la loi "d’empêchement légitime" permettant au président du conseil de refuser de se présenter en justice. Ils ont également rejeté l’ouverture au privé de la gestion et de la distribution de l’eau.
De même, les citoyens islandais ont refusé en 2010, par référendum, de payer le prix des fautes d’une banque
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comme le rappelle l’introduction de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, le mépris des droits de l’homme est la cause de la corruption des gouvernements. Face à ce mépris, l’article II de la Déclaration rappelle que la résistance à l’oppression demeure un droit naturel et imprescriptible. Tout pouvoir ne vit que de ceux qui s’y résignent. L’esprit de corruption tire sa force de la résignation, de l’indifférence, de la soumission... Mais il arrive que le pouvoir se délite par ses abus et que le peuple se refuse à l’oligarchie corrompue.
(...) Wikio