Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Ils crient à l’urgence psychiatrique : À l’appel du collectif Pinel, un peu plus de 500 manifestants ont bravé la neige mardi 22 janvier à Paris.
Article mis en ligne le 24 janvier 2019

En tête du cortège de blouses blanches venues des quatre coins de la France (Prémontré dans l’Aisne, Le Havre, Tours, Niort, Nancy, Nantes…), près d’une quarantaine de membres du collectif amiénois « Pinel en lutte ». « Certes nous avons négocié un protocole de sortie de crise mais tous les problèmes ne sont pas réglés, loin de là. C’est pourquoi nous sommes à nouveau mobilisés aujourd’hui », souligne une infirmière amiénoise. Rassemblés place de la République, les manifestants réclament une psychiatrie « digne et humaine ».

Pour Sabine, infirmière au centre médico-psychologique de Clermont (Oise), la situation est devenue intenable, « tant pour le personnel que pour les patients ».

Suppression de lits, suroccupation, manque de personnels, sentiment d’abandon…, les griefs sont légion. Partout dans le pays, les structures psychiatriques publiques n’ont plus les moyens de garder les patients, assurent les personnels soignants interrogés.

Conséquence directe, les familles sont contraintes de trouver des solutions d’urgence, parfois onéreuses au sein du privé. « Bon nombre de familles n’ont, elles, pas les moyens et se retrouvent livrées à elles-mêmes », déplore ce membre de l’Union nationale d’amis et familles de personnes malades et/ou handicapées psychiques.

Décidés à sensibiliser l’opinion publique et à interpeller la ministre de la Santé Agnès Buzyn, coupable, à leurs yeux, de ne mesurer l’ampleur de la crise, les manifestants se sont fait entendre en marchant de la place de la République jusqu’à l’Assemblée nationale.

Aux commandes d’une « mission flash » sur l’état de la psychiatrie en France, la députée du Bas-Rhin, Martine Wonner (Lrem) les attendait pour échanger avec eux mais elle a été copieusement huée. Sa courte intervention a été suivie par celle du député de la Somme François Ruffin (LFI) auteur du livre-enquête Un député à l’hôpital psychiatrique. L’élu samarien a cité Antoine de Saint-Exupéry dans Le Petit Prince (« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux »).

Pour lui, l’essentiel est de redonner du temps à la parole, de recréer du lien entre patients et soignants. (...)