L’invisible ombre du gris recouvre tout. Le café brille par la chaleur du noir. A de tels moments de solitude, la vérité frôle le souffle et l’angoisse du vivre s’infiltre dans les veines. Je regarde par la fenêtre, la ville que je ne reconnais pas. (...)
Je bois le café et je regarde par la fenêtre
Je suis assis dans le TGV, quelque part en France. Je vais à Paris pour le travail, portant les attributs de quelqu’un qui sait où il va, qui sait ce qu’il fait, qui sait qui il est. C’est incroyable comment la méconnaissance essentielle se cache, se retire au loin, par le recouvrement du faire de la surface. S’impose ainsi le royaume de l’utile, de l’efficience et du résultat.
Etre dans ce TGV parmi tous ceux qui savent, être dans un sentiment d’intégration dans la société française, prouvée par des signes incontestables, me procure, m’a toujours procuré une volupté d’assurance. Enfin, le cœur d’apatride que je suis depuis le commencement, a une terre où se poser, une société qui le reconnait, l’apprécie même. (...)