"Appel à tout le monde. A 15H00, il faut qu’on soit nombreux"... En Guyane, le mouvement social, en cours depuis bientôt trois semaines, s’appuie sur trois piliers fondamentaux : WhatsApp, Facebook live et les radios en continu.
Les témoignages d’auditeurs se succèdent sur Péyi, radio privée devenue organe officiel du conflit social. Sur les barrages érigés à Cayenne, les sonos diffusent Péyi. Dans les commerces, on écoute Péyi. Ses journalistes, animateurs, présentateurs, gardent le micro ouvert en continu.
Ils racontent les rassemblements, les coulisses du conflit, galvanisent. Ils expliquent où trouver du gaz, alors que la pénurie guette, où faire son plein d’essence. Des auditeurs appellent pour proposer du covoiturage.
"C’est le rôle citoyen de la radio, le rôle populaire de ce média délaissé, mais qui dans ce genre de mouvement est incontournable", observe Jérémy Harrous, un chef d’entreprise qui tenait une émission hebdomadaire sur Péyi mais se retrouve désormais chaque jour à l’antenne "bénévolement".
"Donner des informations, c’est ma manière à moi de militer", affirme ce trentenaire, pour qui "chacun" doit mettre "sa pierre à l’édifice" car "les discussions dépassent les intérêts personnels".
Alors que le mouvement social est basé sur des revendications sécuritaires, sanitaires et éducatives, Péyi, qui se dit neutre, épouse les combats des manifestants. Certains de ses journalistes lèvent le poing lors de manifestations. Leurs propos s’en ressentent parfois, sur les ondes ou via "Facebook live".
Cette technologie, qu’utilise également Guyane Première, la station publique, connaît un succès fracassant. Les journalistes, téléphone portable à la main, racontent en temps réel les images qu’ils filment. Et les internautes postent des commentaires.
Les audiences sont phénoménales. (...)