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Greek Crisis
Gauche grecque et victoire du Front national
Article mis en ligne le 10 décembre 2015

Il y a des moments historiques en Europe où il est important d’interpréter les évidences avec justesse. Le moment SYRIZA en Grèce, et notamment le referendum du ‘NON’ trahi en est un, ensuite, bien que prévisible, c’est évidemment la victoire du Front National en France qui constitue un autre événement d’une telle portée. Il y a alors des moments historiques en Europe où le problème crucial est celui de la souveraineté populaire et nationale, surtout dans les conditions d’oppression et de déni de démocratie, comme sous l’Occupation européiste actuelle que nous connaissons.

Comme je l’écrivais déjà sur ce blog cette semaine, le deuxième sujet de conversation entre Grecs en ce moment c’est bien la victoire du Front National en France. Car la situation grecque n’est que l’antichambre balkanique et cependant paroxystique de ce que le totalitarisme européiste pratique déjà entre Paris et (même dans un sens) Berlin. (...)

Par les temps qui courent, et dans quel galop effréné, voici donc la traduction de cet article en français dans son intégralité, car à mon avis, de tels textes peuvent nourrir le débat actuel, autant en Grèce, qu’en France (et évidemment bien au-delà). Je publie aussi ce texte pour une raison supplémentaire. Contrairement à d’autres analystes et acteurs de la vie politique (et de la Gauche) grecque, Kóstas Papoulis est directement issu du terrain, comme il n’appartient pas à ses illustres ténors... bons ou alors mauvais, il est à mon avis représentatif d’un certain... (petit) peuple de gauche... ayant compris le sens de l’histoire et ainsi, de toute sa dernière gravité. (...)

“Par sa propre candidature, Marine Le Pen a ainsi conquis plus de 40% des voix, dans une zone industrielle ayant été historiquement un bastion des partis communiste et socialiste, un phénomène qui démontre alors vers où se penche alors la balance. Il semble ainsi que la montée de Le Pen est le résultat de l’industrialisation, conduisant au chômage massif, ainsi que d’un certain processus social et politique profonds. Cette montée donc du Front national est ininterrompue, et peut-être même irréversible, elle est pout autant inversement proportionnelle au ‘déclin’ de cette zone euro comme de cette l’UE germanisées”.

“En réalité, cette UE de l’hyper-mondialisation, autant que son noyau dur qu’est la zone euro, est le système le plus totalitaire qu’a connu l’Europe du centre, durant le 20e et le 21e siècles, après le nazisme bien entendu. Ce totalitarisme (actuel) élimine alors tout sens de démocratie et de souveraineté populaire, impose la puissance impérialiste de Berlin, détruit et pille les peuples, comme par exemple le peuple grec. Et alors, face à l’ensemble de ce système capitaliste des financiers et des multinationales, il n’y a plus aucune gauche”.

“Inversement même, la gauche grecque, celle de SYRIZA, elle a plutôt révélé à tous les peuples de l’Europe, très exactement... ce qu’il ne faut pas faire, à savoir, ne pas faire confiance aux illusions rétrogrades et cosmopolites de cette gauche européiste. Car tous ceux qui de la gauche grecque pleurnichent aujourd’hui depuis la victoire de Marine Le Pen, ce sont exactement les mêmes qui depuis un moment, ils ont largement contribué (de manière critique ou pas, de l’intérieur ou de l’extérieur), à l’accession de SYRIZA au pouvoir gouvernemental. Ils ont de ce fait contribué à la décrédibilisation de la gauche à travers tout le Vieux continent et naturellement, à la victoire de Le Pen”. “Que cela nous plaise ou non, la gauche demeure inexistante sur le continent européen, et cela, parce qu’elle a accordé carte blanche à l’euro, à l’Union européenne, et à la mondialisation. (...)

“La crise engendrée par l’euro, produit aussi des flux migratoires, y compris au sein de la zone euro et de l’UE. La France subit ainsi la pression de nombreuses migrations de l’intérieur comme de l’extérieur de l’UE, de passage par la périphérie de la zone euro, depuis la Grèce d’abord et dans une moindre mesure, depuis l’Espagne. Comme en Grande Bretagne, l’idée de limiter l’immigration est de plus en pus populaire, s’agissant même de celle issue des pays de la zone euro ou de l’UE. Quoi que nous disions, cette énorme vague migratoire, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE, frappe alors dans chaque État-nation les plus pauvres et principalement les classes les plus populaires, déjà car elle dégrade sensiblement la force du travail non qualifié”.

“Dans ce contexte... tout alors travaille en faveur de Marine Le Pen, et principalement, l’Union monétaire ne faisant qu’aggraver la situation en France. (...) "

Je me souviens toujours de cette pancarte qu’un homme tenait alors immobile et muet devant l’entrée principale d’un grand hôpital public d’Athènes :

“Je dénonce la direction de l’Hôpital d’Hippocrate pour avoir exercé du terrorisme sur une personne sans ressources. Comme elle n’avait pas les 5€ nécessaires à son admission, ces responsables l’ont alors rejeté en dehors de l’hôpital. NON au terrorisme” (...)