Au lendemain de la double explosion survenue dans le port de Beyrouth, la capitale du Liban est dévastée. Les Libanais sont sous le choc d’une tragédie perçue comme le coup de trop dans un pays déjà très fragilisé par une grave crise économique, politique et sanitaire. (...)
"Notre capacité de résilience légendaire est presque épuisée"
Les Libanais redoutent déjà les conséquences sociaux-économiques de cette tragédie dans ce pays qui affiche une dette abyssale. D’autant plus que le port de Beyrouth, principale portée d’entrée d’un pays qui importe 80 % de ses besoins, qu’il s’agisse de produits agricoles ou agro-industriels, risque de rester longtemps paralysé. L’Agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, la FAO, a dit craindre à court terme un problème de disponibilité de farine pour le Liban, des silos de céréales installés près du port ayant été éventrés et détruits.
"Comment allons-nous vivre sans nos morts ? Qui va réparer les dégâts de cette catastrophe ? Comment allons-nous faire pour nous nourrir ? Qui va réparer nos logements et nos commerces ? Le pays est à terre, les gens sont ruinés, je ne vois pas comment le Liban pourra se relever d’une telle tragédie", poursuit Maya.
"Les catastrophes se succèdent pour le Liban, la descente aux enfers se poursuit. Qui peut supporter une telle malédiction, une telle succession de malheurs ? Notre capacité de résilience légendaire est presque épuisée. C’est terminé, il ne reste plus que le désespoir”, explique Fadi. Se décrivant comme un patriote amoureux de son pays, il confie envisager sérieusement d’émigrer avec sa famille. "On ne peut plus vivre au Liban, c’est devenu impossible. Nous sommes dans de la survie".
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Sur les réseaux sociaux, la colère gronde contre les dirigeants libanais accusés d’avoir plongé le pays dans le chaos et d’être, par incompétence, à l’origine du désastre du 4 août.
"Cette classe politique, qui nous vole et nous ment depuis des années, qui nous prive d’électricité chaque jour, nous tuait à petit feu. Avec cette explosion, c’est son incompétence qui nous tue tout court, bientôt ils nous auront tous", conclut Maya.
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Le Secours populaire français solidaire du Liban
Le Secours populaire français (SPF) a débloqué un premier fonds d’urgence de 100 000 euros pour venir en aide à la population libanaise, et lance un appel aux dons et à la solidarité pour les victimes de l’explosion. « Le SPF a une longue histoire de solidarité fraternelle avec la population libanaise depuis quarante-cinq ans et une grande expérience dans l’aide d’urgence », rappelle l’association, qui insiste sur la situation sans précédent traversée par le pays du Cèdre : 40 % de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté, les prix ont augmenté de 6 à 10 fois ces derniers mois, et la livre libanaise a été dévaluée à près de 80 %. Les dons peuvent être envoyés au « Secours populaire français, dans tous les départements ou au 9-11, rue Froissart BP 3303, 75123 Paris Cedex 3. Préciser « Fonds d’urgence ».