
Certains mettent tout en œuvre pour aider les artistes et techniciens du spectacle, d’autres pas. Le 31 août dernier, un directeur de service de Pôle emploi a envoyé un courrier stupéfiant à des milliers d’artistes de toute la France.
Comme vous le savez, le secteur du spectacle est probablement le plus durement touché par la crise sanitaire actuelle.
Dès le 1er mars, les premières restrictions de rassemblements faisaient tomber en cascade de nombreux événements culturels et le secteur sera probablement l’un des derniers pour lequel toutes les contraintes seront levées. Et comme vous le savez aussi, il n’y a pour le moment aucune échéance en perspective pour un retour à la normale, loin s’en faut !
L’activité audiovisuelle a pu reprendre doucement depuis juillet mais la nouvelle séquence pandémique en cours fait planer à nouveau la menace d’arrêts de tournages. Quant au spectacle vivant, l’activité est toujours à l’arrêt quasi-complet.
Les conséquences sont désastreuses, bien au-delà des seuls acteurs culturels car on commence à mesurer les milliards d’euros perdus en activités périphériques : hôtellerie, restauration, commerces, transport, ... Sans compter la diminution du bien-être des citoyens privés de sorties culturelles, ce qui impacte évidemment la productivité au travail. Et sans compter les dégâts en matière de paix sociale, en l’absence de ces moments d’apaisement, de lien et de mixité que sont les événements culturels.
L’heure n’est donc plus au chipotage sur le milliard d’euros que coûterait le régime de l’intermittence du spectacle, on comprend aujourd’hui que ce secteur apporte énormément plus d’argent à notre économie nationale qu’il n’en coûte. (...)
Le marché du travail c’est comme un gâteau à se partager pour les actifs, et le gâteau pour le secteur du spectacle - en particulier celui du spectacle vivant - est actuellement tout rikiki... Et c’est là que Pôle emploi décide brutalement de réduire encore un peu plus le gâteau ! (...)
La société SMart est une entreprise du spectacle et dispose à ce titre de la licence correspondant à son activité. Non seulement elle gère la paye des artistes qui se produisent dans les bars & restaurants mais elle leur apporte tous les services et garanties contractuelles qu’on retrouve avec n’importe quelle autre société de production.
Seulement voilà : Pôle emploi n’aime pas SMart et lui fait des misères depuis des années puisque la structure de production a dû se défendre juridiquement en 2012 avec succès. Le vieux soupçon que porte Pôle emploi sur SMart et sur toutes les autres structures de production occasionnelle de spectacles, c’est de rémunérer des artistes pour des spectacles fictifs, autrement dit des musiciens qui inventeraient de fausses dates de spectacles pour toucher les cachets qui leur manquent afin de renouveler leurs droits au régime intermittent.
Oui ce type de fraude existe et la direction de SMart reconnaît d’ailleurs volontiers qu’elle s’est faite abusée par certains artistes, mais SMart est une entreprise coopérative d’ampleur et installée depuis de nombreuses années, cette entreprise n’a donc évidemment aucun intérêt à couvrir voire encourager les pratiques frauduleuses et dès qu’ils ont connaissance de ce genre d’agissement, ils prennent immédiatement la décision de rupture définitive du contrat avec l’artiste en question.
Et c’est justement là où Pôle emploi se trompe lourdement : il est bien plus facile pour un artiste de frauder en inventant une fausse date de concert, par exemple un concert fictif chez un particulier, en passant par le propre service de Pôle emploi : le GUSO !
Or une étape vient d’être franchie par Pôle emploi dans sa cabale contre les structures de production occasionnelle puisqu’un courrier a été adressée le 31 août aux 4 000 artistes et techniciens clients de SMart pour leur annoncer qu’à compter du 1er octobre 2020, plus aucun contrat avec SMart ne serait comptabilisé pour l’intermittence. Et ce, sans aucun élément juridique à l’appui. (...)
Evidemment, c’est une nouvelle séquence judiciaire qui s’annonce entre SMart - avec probablement d’autres structures à la même activité - et Pôle emploi. Une pétition est également en ligne pour dénoncer ce méfait du service public. En attendant ces sont des milliers d’artistes et techniciens qui se voient là plongés dans une angoisse encore un peu plus virulente quant à leur espoir de renouveler leur intermittence au 1er septembre 2021.
Pire : en s’opposant illégalement à la solution de la production occasionnelle, Pôle emploi encourage les artistes et techniciens à se faire rémunérer de la main à la main par les bars & restaurants, autrement dit Pôle emploi encourage le travail dissimulé ! Au "mieux", Pôle emploi va décourager des musiciens et techniciens de travailler, ce qui est évidemment absurde puisque c’est exactement l’inverse de la mission de l’institution qui est payée par l’ensemble des citoyens français.
Le Gouvernement serait donc bien inspiré de recadrer très vite Pôle emploi, en tout cas recadrer ce directeur à l’origine de la missive très malvenue. (...)
Evidemment, c’est une nouvelle séquence judiciaire qui s’annonce entre SMart - avec probablement d’autres structures à la même activité - et Pôle emploi. Une pétition est également en ligne pour dénoncer ce méfait du service public. En attendant ces sont des milliers d’artistes et techniciens qui se voient là plongés dans une angoisse encore un peu plus virulente quant à leur espoir de renouveler leur intermittence au 1er septembre 2021.
Pire : en s’opposant illégalement à la solution de la production occasionnelle, Pôle emploi encourage les artistes et techniciens à se faire rémunérer de la main à la main par les bars & restaurants, autrement dit Pôle emploi encourage le travail dissimulé ! Au "mieux", Pôle emploi va décourager des musiciens et techniciens de travailler, ce qui est évidemment absurde puisque c’est exactement l’inverse de la mission de l’institution qui est payée par l’ensemble des citoyens français.
Le Gouvernement serait donc bien inspiré de recadrer très vite Pôle emploi, en tout cas recadrer ce directeur à l’origine de la missive très malvenue. (...)