
Pour limiter la propagation du virus dans les écoles, les autorités allemandes investissent dans le contrôle de la qualité de l’air. Aération régulière des pièces et capteurs de CO2, s’ils permettent de réduire les risques de contamination, ont aussi des effets sanitaires bénéfiques sur les lieux clos. (...)
Dans la classe de Jan Basczok, le rituel est bien rôdé. Toutes les vingt minutes, les élèves ouvrent les fenêtres au fond de la salle. Le professeur d’histoire du lycée Nelson-Mandela de Hambourg, lui, ouvre la porte pour faire un courant d’air. En ce matin d’automne frais et humide, ses quinze lycéens ont gardé leurs gros pulls. Certains portent même leur écharpe. « Quand il fait suffisamment bon, on laisse les fenêtres ouvertes en permanence », raconte l’enseignant.
Ce drôle de manège n’est pas une lubie de Jan Basczok mais une obligation pour les 33.000 établissements scolaires d’Allemagne depuis la rentrée, en août dernier. Aux côtés des fameux gestes barrière, l’aération est en effet au cœur de la stratégie allemande contre la pandémie de Covid-19. « C’est l’une des mesures les plus efficaces et les moins chères », assurait la chancelière, Angela Merkel, le 29 septembre, en conférence de presse.
Quelle que soit la météo, chaque salle de classe doit ainsi être aérée avant, pendant et après chaque cours, ainsi que pendant les récréations. Incliner les fenêtres ne suffit pas, il faut ouvrir en grand. L’hiver, grâce à la différence de température, cinq minutes suffisent pour régénérer l’air de la pièce, selon l’Agence fédérale de l’environnement.
« Les espaces intérieurs, surpeuplés et insuffisamment ventilés » particulièrement propices à la propagation aérienne du virus
Comme le souligne l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus Sars-CoV-2 « se propage principalement par des gouttelettes respiratoires chez les personnes qui sont en contact étroit les unes avec les autres ». Mais si le masque protège bien d’une contamination directe, lors d’une conversation en face à face par exemple, il laisse en revanche les aérosols passer sur les côtés.
Il est ainsi insuffisant contre la contamination indirecte, lorsque l’on inspire longuement les aérosols d’une personne contagieuse en suspension dans l’air. Selon l’OMS, des études récentes suggèrent que « les espaces intérieurs, surpeuplés et insuffisamment ventilés » sont particulièrement propices à la propagation aérienne du virus, celui-ci pouvant rester plusieurs heures dans l’air ambiant.
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Peu à peu, les écoles allemandes s’équipent. À Berlin, la municipalité fournit des appareils de mesure de CO2 à tous les établissements, même privés. (...)
Les scientifiques se réjouissent d’être enfin écoutés. À l’Université technique de Berlin, on espère un « changement de mentalité » à long terme.