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Effondrement de l’humanité et hausse du PIB
Article mis en ligne le 26 août 2019
dernière modification le 25 août 2019

Certains prévoient un effondrement de notre espèce causé par la pollution, le changement climatique et la raréfaction des ressources. D’autres, comme le récent prix Nobel d’économie Nordhaus[1], prévoient une hausse du PIB, et même une hausse « optimale » des températures de 3,5°C. Contradiction ? Pas forcément…

Le Produit Intérieur Brut, c’est une mesure de la production intérieure aux prix du marché.

Le but des politiques économiques est de l’augmenter, c’est ce qu’on appelle la croissance.

La croissance de quoi ? De la production.
La production de quoi ? De biens et services utiles, inutiles, nuisibles, civils ou militaires, augmentant ou non les inégalités, polluants ou non, épuisant ou non les ressources naturelles ? Ce n’est pas précisé.

(...)

Certains dirigeants ajoutent qu’il faut développer l’emploi, réduire les inégalités, économiser les ressources rares, épargner l’environnement, mais, quand ils annoncent le dernier taux de croissance, ils ne précisent pas la croissance de quoi, se vantant seulement quand le chômage a diminué (grâce à eux).

Soit une population de 7 milliards d’habitants, dont 3 milliards « produisent de la valeur » et sont rémunérés en conséquence, et 4 milliards produisent juste assez pour vivre. (...)

La quasi-totalité des pays du monde, des organisations internationales, des économistes raisonnent ainsi. Ils cherchent à modéliser la croissance, les facteurs de la croissance, les politiques de croissance, mais la croissance de quoi, ils ne cherchent guère à le savoir. Pas plus que de savoir à qui cette croissance bénéficie, ni pour qui elle est nuisible.

L’écologie reste prisonnière de cette pensée quantitative dominante. (...)

Le roi du Bouthan a inventé en 1972 le « bonheur national brut ». La Commission du Bonheur national brut sélectionne les orientations politiques et peut refuser les projets du gouvernement s’ils vont à l’encontre du BNB. Le Bhoutan est le seul pays avec un bilan carbone positif : il n’a pas fait d’émules. (...)

lire aussi :
L’humanité est-elle proche d’un effondrement systémique ?

Depuis quelques décennies, certaines études scientifiques démontrent mathématiquement l’impossibilité de pouvoir prospérer sur le long terme avec notre système économique actuel. Certaines de ces études font appel à un domaine méconnue, la dynamique des systèmes, qui se veut d’étudier les systèmes complexes avec toutes les intrications qu’ils comportent, c’est à dire tout ce qui influence ces systèmes et les conséquences qu’ils entrainent.

Nous vous proposons un tour d’horizon des études scientifiques les plus sérieuses sur le sujet, souvent décriées, voir ignorées, elle permettent d’apercevoir ce qui pourrait se passer dans un futur plus ou moins proche. Et il y a de quoi s’inquiéter sérieusement… (...)

il parait plus que nécessaire d’informer le maximum de personne de ce qui risque de se produire si aucun changement de cap n’est envisagé et s’y préparer par la même occasion. Il parait évident que la croissance économique exponentielle n’est mathématiquement pas viable sur le long terme. Ceci n’est pas seulement une question de politique, les structures de gouvernances ne semblent pas pouvoir remettre en question l’idéologie proposée actuellement. Il ne s’agit pas d’un problème de personnes, mais d’un problème systémique, bien plus profond.

Le comportement des êtres humains étant profondément influencés par les structures sociétales dans lesquelles ils évoluent, ne pas remettre en cause ces structures, c’est s’attaquer aux conséquences et oublier les causes qui les ont générés.