En Guinée, en 2014, 74.000 personnes touchées par le paludisme n’auraient pas consulté un centre de santé. Pourquoi ? Parce qu’elles auraient évité ces centres pendant l’épidémie d’Ebola. Autant de cas, donc, qui n’ont pu être traités. C’est le résultat d’une estimation, qui conclut à un nombre de décès plus élevé. Ces victimes indirectes de l’épidémie pourraient être plus nombreuses que celles du virus Ebola lui-même.
Les chercheurs ont trouvé une diminution des consultations toutes causes confondues de 11 % et de 15 % pour les cas de fièvre. Dans les régions affectées par Ebola, 73 travailleurs de santé sur les 98 interrogés étaient opérationnels (74 %) et 35 sur ces 73 (48 %) traitaient activement les cas de paludisme. Par comparaison, dans les zones non affectées par Ebola, ils étaient respectivement 106 opérationnels sur les 112 interrogés (95 %) et 102 traitant les cas de paludisme sur 106 (96 %).
Dans les centres de santé restés ouverts pendant l’épidémie, le nombre de patients les fréquentant a beaucoup diminué. Cette désaffection qui suggère que, durant cette période, les gens présentant des symptômes de fièvre ont évité les cliniques de peur de contracter Ebola ou d’être envoyés vers un centre de traitement d’Ebola. (...)
« les cas non traités de paludisme ont conduit à une augmentation des taux de décès du paludisme et à plus de cas de fièvres dans la communauté ».
La diminution des soins pendant l’épidémie d’Ebola menace donc la gestion du paludisme en Guinée. Le nombre de décès supplémentaires dus au paludisme pourrait dépasser celui dû à Ebola (2.444 en Guinée au 14 juin 2015). Les recommandations récentes de l’OMS sur la prévention du paludisme dans les zones affectées par Ebola sont de fournir des traitements à tous les patients ayant de la fièvre.