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Greek crisis
Du non-droit mal payé
Article mis en ligne le 9 novembre 2013

Le journal télévisé de l’ERT est désormais diffusé depuis le côté extérieur du grillage qui entoure le bâtiment, lui-même entouré du cordon des MAT, les célèbres CRS grecs. Jeudi 7 novembre déjà, de l’après-midi au soir, le vaste monde de la gauche grecque était sur place. Ces gens venus presque... nombreux, veillent alors devant le siège de la radiotélévision publique autogérée et cependant expulsée. L’ambiance était comme on dit bonne et chaleureuse, l’émotion et l’amertume en plus. C’est vrai aussi qu’en Grèce, on prend encore le temps de veiller les morts ou de préparer les résurrections, c’est selon.

Le “gouvernement” prétend évidemment que la seule radiotélévision publique est bien inévitablement la sienne, la DT, laquelle qui deviendra avec le (mauvais) temps la future NERIT. Et quant à nous, nous pensons tout simplement que ce pays “d’en haut”, n’est plus nécessairement le nôtre.

Et tandis que l’au-delà finit bien par se réaliser devant nos yeux comme derrière les grilles de l’ERT, “il n’y a que la résurrection, autrement-dit notre mobilisation, (...)

En attendant... les journalistes venus assez nombreux interrogèrent leurs collègues, certains n’avaient cessé que de commenter la nouvelle de la motion de censure à l’encontre du gouvernement déposé au Parlement par SYRIZA, tandis que les vendeurs ambulants de souvlaki et de sandwichs occupaient déjà les points stratégiques des lieux... laissés vacants par les MAT. (...)

d’après certaines sources, les représentants des grandes firmes (Athinaïki Zythopoiia, Barilla Hellas, Unilever Hellas, Philip Morris, Henkel Hellas, Friesland Campina -NOYNOY, Kraft Hellas, Bic Violex, Nestlé, SCA Hygiene Products, Ytong-Thrakon) exigeraient depuis un moment déjà la généralisation du salaire mensuel mémorandaire, situé entre 250 et 300 euros par mois (pour un temps plein) ! Espérons... que ce n’est pas... tout à fait vrai, et que les intéressés démentiront...(...)

En ce sens aussi, la politique de la Troïka ainsi que de sa... filiale en Grèce dont le “brand name”, sa... marque déposée, se nomment “gouvernement”, est une réussite incontestable. Le pays se transforme en une zone de non-droit... mal payé. On se souviendra pour la petite histoire que tout avait commencé en 2009-2010 par une dégradation de la note du pays par les... agences de notation, suivie d’une propagande sans fin sur “la nécessité de faire face au fléau de la dette”. (...)

Lors du premier mémorandum de 2010, le piètre exécutant Georges Papandréou avait même précisé que “ces mesures ont alors un caractère provisoire et qu’au pire, dans deux ans, la situation serait rétablie”. La suite est connue. Nous sommes habités par le XXIème siècle... et tout le monde s’agite comme dans les années 1930. (...)

L’ironie c’est que la direction du quotidien (“Elefterotypia”) qui doit trois mois de salaires à son personnel, propose l’échelonnement de sa dette sur six mois... à condition d’imposer une baisse de rémunérations de 30% d’ailleurs dès maintenant. Déjà que les salaires à “Elefterotypia” comme pour le reste représentent la moitié de ce qui fut pratiqué avant... la première décote des agences de notation, Euripide ne nous éclairerait plus je dirais.

“On nous impose de financer nos propres salaires, déjà amputés de moitié et de surcroit... largement impayés. Honte et encore honte”, me disait hier un journaliste qu’y travaille.

La Grèce et sa mouise méta-démocratique, sa mention de censure et autant ses bouillons aux significations, tout surnage. Dimanche, au moment du vote au “Parlement”, le parti d’Alexis Tsipras appelle à manifester place de la Constitution, “Pour la Démocratie”. “Âme (rendue et)... profonde”.