Pétition au Gouvernement français, à la Commission européenne et aux eurodéputés pour stopper la dérégulation des pesticides.
Sous influence des lobbys de l’agrochimie, la Commission européenne s’apprête à modifier la loi pour accorder des autorisations à vie aux pesticides tueurs d’abeilles.
Si l’omnibus sur la sécurité des aliments – un paquet de mesures de dérégulation des pesticides – est adopté, les autorités sanitaires des pays européens seraient contraintes d’ignorer les nouvelles découvertes scientifiques démontrant les effets réels des pesticides sur l’environnement ou la santé. Ce savoir indispensable permet aujourd’hui aux États membres d’interdire des produits dangereux pour protéger la nature et la santé de leurs citoyens.
Concrètement, les pays européens devront laisser à la Commission le pouvoir de décider d’une interdiction à l’échelle de l’Union européenne. Une centralisation qui risque de se traduire dans les faits par l’absence d’interdiction, même lorsqu’un danger avéré est identifié.
Des dizaines de substances toxiques pourraient être commercialisées pendant des décennies, sans qu’il soit possible d’en réévaluer la toxicité réelle et les ravages sur les écosystèmes et la santé.
Aujourd’hui, selon le règlement européen 1107/2009, les substances actives des pesticides doivent être réexaminées tous les 10 à 15 ans : un garde-fou imparfait mais indispensable qui a déjà permis d’interdire une vingtaine de substances dangereuses comme l’Imidaclopride, un néonicotinoïde tueur d’abeilles ou le Chlorpyrifos, associé à l’altération du développement du cerveau chez les enfants.
Ce nouveau torpillage du droit et de la science n’arrive pas par hasard : il vise précisément à déconstruire les bases juridiques que les scientifiques, les agriculteurs et les associations mobilisent depuis des années pour obtenir des victoires salutaires pour le Vivant.
Il ne s’agit pas d’une simplification. C’est un démantèlement méthodique des lois qui protègent encore le Vivant et les citoyens, et un affaiblissement considérable du principe de précaution.
NOUS DEMANDONS solennellement :
Au gouvernement français, qu’il s’oppose fermement à la dérégulation de l’autorisation des pesticides et à l’adoption de l’omnibus sur la sécurité des aliments, qui démantèle notre cadre sanitaire et n’apporte strictement aucune garantie pour la biodiversité et les citoyens ;
À la Commission européenne, de retirer immédiatement les dispositions de l’omnibus qui instaurent des autorisations illimitées de pesticides et empêchent la prise en compte des avancées de la science indépendante ;
Aux eurodéputés, de rejeter tout texte visant à priver les États membres de leur capacité propre à protéger le Vivant sur leur territoire.
Nous exigeons que l’Union européenne et les États membres fondent leurs décisions sur les connaissances scientifiques les plus actuelles et non sur les besoins techniques des fabricants de pesticides.