Immeubles en ruine, herbes folles et pauvreté qui explose : les images de Detroit témoignent de l’ampleur de la crise qui touche les États-Unis depuis 2008.
Les dernières discussions, approuvées par le juge Steven Rhodes, concernant le plan de sortie de faillite de Detroit ont été récemment qualifiées de « Happy Talk » (discussions heureuses). Néanmoins, la ville est toujours frappée par la crise, les problèmes fondamentaux persistent, les droits les plus élémentaires ne sont pas respectés : logement décent, accès à l’eau, soins de santé, etc (...)
Detroit est le symbole de la montée en puissance d’une économie étasunienne et d’un « capitalisme triomphant » pendant les trente glorieuses. Aujourd’hui, elle est frappée de manière emblématique par les effets du néolibéralisme avec un taux de pauvreté supérieur à 40 % par rapport à la moyenne nationale et un taux de chômage représentant, officiellement, le double de celui de l’État du Michigan.
Detroit est aussi une ville marquée par la ségrégation raciale : le drame commence avec la fuite des blancs vers les banlieues dans les années 70 (aujourd’hui, 83 % de la population de Détroit est afro-américaine). Ce déclin du nombre d’habitants a conduit à une baisse des revenus publics. La situation s’aggrave avec la délocalisation des industries automobiles dans des États du pays où la main d’œuvre est moins chère, moins syndiquée et où la fiscalité est plus souple. Au début des années 80, Detroit se voit donc privé de toute aide, vidé de ses entreprises et de ses habitants. Toutes ces raisons ont accéléré le déclenchement d’une crise sociale et économique autodestructrice et amorcé la spirale de la faillite. (..)
.Récemment un autre phénomène est venu aggraver la situation des habitants de Détroit. Les valeurs de marché des maisons de Detroit ont baissé de manière significative, mais cela n’a eu aucune répercussion en matière de fiscalité et d’échéances d’emprunts.(...)
Quel futur pour Detroit ?
Dans un appel lancé les 5 et 6 octobre 2013, l’Assemblée Internationale des Peuples contre les banques et contre l’austérité réunie à Detroit avait identifié les causes et désigné les responsables de la situation calamiteuse de Detroit et de ses habitants (...)
Aujourd’hui, comme en 2013, les habitants de Detroit doivent agir collectivement pour exiger :
- L’annulation de la dette qui étrangle les écoles, les villes, les états et les campagnes.
- La garantie de l’emploi et des pensions pour les travailleurs des services des collectivités.
- La fin de l’administration d’urgence des villes et des écoles anti-démocratique et raciste.
- Une augmentation du financement des écoles publiques et l’arrêt du subventionnement des écoles par des fonds |7|.
- Un programme d’emplois financé par les banques pour que les chômeurs soient employés à la reconstruction des villes.
- Un moratoire sur toutes les saisies et sur toutes les expulsions consécutives aux saisies, car le logement est un droit.
- La répudiation de la dette représentée par les prêts étudiants, car l’éducation doit être gratuite et accessible à tous.
En définitive, l’urgence est de sauver les populations, pas les banques.
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