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Marie-Claude Saliceti
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Désengagement de l’énergie fossile : Un pas en avant de la Norvège... un autre en arrière de la France ?
Article mis en ligne le 9 mars 2019

Le plus gros fonds souverain au monde, celui de la Norvège, lui-même alimenté par des pétrodollars, va se désengager des compagnies pétrolières afin de réduire l’exposition du pays scandinave à l’or noir, a annoncé le gouvernement norvégien vendredi. Si cette proposition est dictée par des considérations financières et non environnementales, le désengagement d’un investisseur qui pèse plus de 1.000 milliards de dollars est néanmoins aussi perçu comme un grand coup porté aux énergies fossiles polluantes.

La Norvège, plus gros producteur d’hydrocarbure d’Europe de l’Ouest
La Norvège est le plus gros producteur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest. Pétrole et gaz naturel représentent près de la moitié des exportations et 20 % des revenus de l’Etat, lesquels vont abonder le fonds souverain où Oslo pioche ensuite pour financer son budget. Pour limiter - un peu - la vulnérabilité de l’Etat, la banque centrale préconisait de cesser de placer une partie de cet argent dans des valeurs pétrolières comme c’est le cas aujourd’hui.(...)

Fin 2018, le fonds possédait pour environ 37 milliards de dollars d’actions dans le secteur pétrolier, avec des participations de poids dans Shell, BP, Total et ExxonMobil notamment. La proposition du gouvernement porte sur 7,5 milliards de ces actifs, a précisé Siv Jensen.(...)

Un coup porté aux énergies fossiles
Comme l’avait fait à l’époque la Banque de Norvège, la ministre a tenu vendredi à souligner que la décision « ne reflète aucunement une vue quelconque sur (l’évolution du) prix du pétrole, la rentabilité future du secteur pétro-gazier ou son caractère durable ». Pour les organisations de défense de l’environnement et les acteurs de la lutte contre le changement climatique, il s’agit cependant d’un succès incontestable et bienvenu à l’heure où la planète semble mal engagée pour tenir les objectifs de l’Accord de Paris.(...)

« Si cela passe au Parlement, cela produira une onde de choc sur le marché, portant le plus grand coup à ce jour à l’illusion que le secteur des énergies fossiles a encore des décennies d’activité comme si de rien n’était », a réagi Yossi Cadan, un responsable de l’ONG 350.org.