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Le Monde
Des habitants du plus grand bidonville du Liberia chassés par la mer
Article mis en ligne le 18 août 2016
dernière modification le 17 août 2016

Ils ont survécu aux guerres civiles et à l’épidémie d’Ebola dans leur pays mais ils capitulent face à l’océan : des milliers d’habitants de West Point, à Monrovia, doivent quitter leur bidonville, le plus grand du Liberia, face à la montée des eaux.

Entre 75 000 et 90 000 personnes vivent dans ce quartier de l’ouest de la capitale libérienne, sur une péninsule qui s’avance dans l’Atlantique, dans un labyrinthe d’étroites ruelles boueuses serpentant entre des maisons de plain-pied aux toits de tôle.

Ce sont des pêcheurs, des commerçants, des « débrouillards » aux nombreux petits métiers, de petits trafiquants et de grands bandits. Pour certains, d’anciens combattants des guerres civiles (1989-2003, 250 000 morts). Une population parmi les plus défavorisées dans ce pays de 4,3 millions d’habitants harassés par la pauvreté.
Vagues géantes

Cecelia Nimley, 56 ans, a longtemps vécu à West Point d’où elle a été contrainte de partir après que des vagues géantes eurent envahi sa maison et emporté ses biens.

C’est arrivé « à deux heures du matin, pendant qu’on dormait, dit-elle. La lame de fond a balayé les affaires (…). J’ai envoyé mes petits-enfants chez des amis et les plus grands se débrouillent comme ils peuvent ».

Selon les autorités locales, les maisons de West Point ont commencé à disparaître sous les eaux à partir de novembre 2014. Au moins 4 000 habitants ont été privés de leur domicile pour le seul mois d’avril et les familles sont en train d’être réinstallées sur des sites provisoires plus à l’intérieur des terres. (...)