L’engouement pour l’apprentissage attire son lot de profiteurs, obligeant le ministère du Travail à mener enquête. La cible ? Des établissements du supérieur, écoles de commerce principalement, alléchés par la prime de 500 euros par mois attribuée jusqu’à six mois de suite pour tout jeune qui n’a pas trouvé d’employeur pour sa formation. Environ 5.000 faux apprentis seraient concernés malgré eux, inscrits dans des écoles plutôt de seconde catégorie. Le préjudice potentiel est relativement faible en montant, 15 millions d’euros au maximum, mais dommageable pour l’image de cette forme d’enseignement en alternance.
L’affaire est devenue publique il y a une semaine quand la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a fait part des doutes de son administration, confirmant ce qui se murmurait depuis quelques semaines. (...)
Jeunes sans point de chute
Le dispositif dévoyé a été lancé lors du premier confinement, alors que la crise faisait craindre un effondrement des embauches d’apprentis cette année, puis complété avec le Plan jeunes en juillet. Il autorise les centres de formations d’apprentis à garder des jeunes sans contrat jusqu’à six mois, soit deux fois plus longtemps, en touchant 500 euros par mois pour couvrir leur formation. La catastrophe crainte n’a finalement pas eu lieu puisque, avec 420.000 contrats déjà signés , le millésime 2020 va écraser le record de 2019, sous le coup des effets de la réforme de 2018 et de la prime à l’embauche des apprentis. (...)
Pour autant, il reste à ce stade environ 35.000 jeunes qui n’ont pas encore trouvé de point de chute dans une entreprise. (...)
Sanction à déterminer
Une école de commerce en particulier n’y est pas allée avec le dos de la cuillère : elle aurait demandé à toucher la prime pour… 1.500 de ses étudiants ! Le ministère du Travail, qui s’est rapproché de celui de l’Enseignement supérieur, n’aura pas trop de mal à la confondre. Pour celles qui ont adopté la tactique du saupoudrage, ce sera moins évident. Reste aussi à déterminer la sanction. (...)
Frais d’inscriptions indus
Autre pratique litigieuse, certaines écoles de commerce réclament des frais d’inscription à des étudiants qui suivent vraiment leur cursus en apprentissage, alors qu’elles touchent un forfait, assez généreux de surcroît, couvrant les frais de scolarité. (...)