Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
multinationales.org
Derrière les Coupes du monde et les Jeux olympiques, un néolibéralisme de choc ?
Article mis en ligne le 25 janvier 2014
dernière modification le 22 janvier 2014

Les conditions de travail déplorables sur les chantiers de la Coupe du monde au Qatar, la corruption qui accompagne les Jeux olympiques de Sotchi, ou encore les déplacements massifs d’habitants de favelas au Brésil ne sont pas des cas exceptionnels. Portés par des organisations opaques bénéficiant d’un statut extra-juridique – FIFA et CIO –, les grands événements sportifs comme le Mondial de football et les Jeux olympiques apparaissent désormais comme un condensé de tous les pires aspects de l’économie mondialisée. (...)

Et si l’entreprise multinationale la plus irresponsable, la plus opaque, la plus nocive de l’année était … la FIFA ? C’est du moins ce que les organisateurs des Public Eye Awards [1], le « prix de la honte » des grandes firmes mondiales, ont décidé de soumettre au vote des internautes.

La FIFA figure parmi les nominés 2014 aux côtés des fabricants de pesticides BASF, Syngenta et Bayer, de la marque de vêtements Gap, de la banque HSBC ou encore de la firme pétrolière russe Gazprom. C’est que la Fédération internationale de football se caractérise aussi bien par l’opacité de son fonctionnement – ses dirigeants ont fait l’objet de nombreuses allégations de corruption et de trafic d’influence – que par l’impact problématique de son « produit » phare : les Coupes du monde de football. (...)

Un récent livre publié par l’ONG genevoise CETIM sous le titre La coupe est pleine ! Les désastres économiques et sociaux des grands événements sportifs [2] donne la parole à des militants et des chercheurs critiques issus de pays ayant accueilli ces dernières années des grands événements sportifs, de l’Afrique du Sud au Brésil, en passant par le Royaume-Uni. Il se rejoignent sur un même diagnostic : les grands événements sportifs, aujourd’hui, fonctionnent comme l’une de ces « thérapies de choc » sociales qui permettent aux élites politiques et économiques d’accumuler les profits et de refaçonner les sociétés selon leurs intérêts – au même titre que, par exemple, les cures d’austérité budgétaire, la création de zones franches offertes aux multinationales par les gouvernements du Sud, ou encore les catastrophes naturelles [3]. Depuis longtemps, des voix critiques dénoncent la connivence de l’idéologie sportive avec le nationalisme, le sexisme, ou l’élitisme. L’enseignement de ce livre est que désormais, le problème de fond est plutôt le rôle socio-économique que jouent ces grands événements sportifs, sous l’impulsion d’organisations comme la FIFA ou le Comité international olympique (CIO). (...)