Modifier son état de conscience peut provoquer des troubles potentiellement graves, en particulier chez les personnes atteintes d’affections psychiques. Attention aussi au dévoiement de cette pratique au profit de dérives sectaires.
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La vie en plein conscience n’est pas toujours rose. Et si la méditation apparaît de plus en plus comme une pratique aux bénéfices multiples, elle présente aussi, comme toute stratégie thérapeutique, son lot d’effets secondaires et de contre-indications. (...)
La forme du bien-être en méditation a la forme d’un U inversé
Des cas dus à une pratique trop intensive ou inadaptée selon cette spécialiste. En effet, la courbe du bien-être promise par la méditation n’est pas celle que l’on croit. "Elle a la forme d’un U inversé. Autrement dit, il existe une durée optimale au-delà de laquelle le méditant peut se retrouver dans une situation plus inconfortable qu’au départ", poursuit la chercheuse. Une fenêtre qui dépend à la fois du profil du méditant et du type de méditation pratiqué, certains y consacrant plusieurs heures par jour durant plusieurs années quand d’autres se satisfont de trois à vingt minutes quotidiennes.
S’il est encore difficile aux neurosciences de mesurer la durée optimale pour chacun, cette théorie de la courbe en U inversé devrait encourager les instructeurs à une plus grande vigilance dans leurs pratiques.
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Or on ne modifie pas impunément ses états de conscience. En particulier chez les personnes atteintes d’affections psychiques : dépression, addictions, schizophrénie, troubles bipolaires ou risque psychotique. Sauf exception, il s’agit de contre-indications. "De trop hauts niveaux de concentration sur soi ont été associés, de façon répétée, à une aggravation de la santé mentale des personnes atteintes de ces pathologies", rappelle Willoughby Britton dans un article publié en 2019. En cause ? Une hyperactivation d’un des lobes du cerveau (cortex insulaire) provoquée par "l’interoception", soit l’attention qu’on porte à ce qui se passe "à l’intérieur" de soi, que ce soit physique (respiration, battements du cœur, sensations) ou psychique (émotions, sensibilité…). Cette partie du cortex s’active lorsqu’on mesure notre rythme cardiaque ou qu’on a faim mais est aussi fortement impliquée dans la régulation des émotions ou des fonctions autonomes comme les systèmes nerveux et immunitaire. En méditant, l’intensité de l’interoception est multipliée, comme l’est l’activation des réseaux de neurones impliqués. C’est ce qui procure le "bien-être" promis par la méditation de pleine conscience. (...)
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6 févr.
POURQUOI IL NE FAUT PAS IDEALISER LA MEDITATION DE PLEINE CONSCIENCE :
1. De quoi parle-t-on ?
A l’origine, la méditation n’est pas une pratique laïque, c’est une discipline permettant d’atteindre un état qu’on pourrait qualifier de présence pure. Cet état est recherché dans le
6 réponses de plus
Lapsyrévoltée
@lapsyrevoltee
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6 févr.
https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/1809754
montre que les effets sont faibles sur le stress et l’anxiété et non concluants sur l’humeur, l’attention, l’addiction, les TCA et l’insomnie
Meditation for Psychological Stress and Well-being
jamanetwork.com
Lapsyrévoltée
@lapsyrevoltee
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6 févr.
En 2016, une méta-analyse sur le site de Cochrane (que je vous recommande pour voir si un traitement a été validé, par exemple) https://researchgate.net/publication/299127127_Evidence_Based_Mindfulness_An_overview_of_Cochrane_systematic_reviews
ne conclut à aucun effet positif sur la fibromyalgie et les troubles anxieux
(PDF) Evidence Based Mindfulness. An overview of Cochrane systematic reviews
researchgate.net
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6 févr.
En 2017, une étude conclut quand même que la MBSR aide à supporter mieux la douleur dans les maladies chroniques ou à accepter l’humeur dépressive https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29306938/
Donc comme vous pouvez le voir, c’est très contrasté.
5. Pourquoi des contre-indications ?
Overview of Systematic Reviews of Mindfulness Meditation-based Interventions for People With...
pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
6 févr.
Ce sont les récits des patient.e.s qui ont alerté les psy ainsi que les crises pendant les programmes de méditation, cela a conduit un collectif de 15 chercheurs à écrire une tribune pour demander des études qui se penchent sérieusement sur les effets secondaires possibles de
Lapsyrévoltée
@lapsyrevoltee
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6 févr.
cette pratique ainsi que sur les biais qui ont pu être survolés dans les études précédentes.
Le site officiel de l’asso de mindfulness reconnait du bout des lèvres que si "vous êtes dans une moment difficile de votre vie" ou "suivi.e par un.e psy", la méditation n’est peut-être pas pour vous.
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