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l’Humanité
Dans les Hauts-de-Seine, les PMI redoutent une mort subite
Article mis en ligne le 25 février 2017
dernière modification le 24 février 2017

Le département le plus riche de France projette de déconventionner les structures de santé préventives destinées aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 6 ans. Les professionnels du secteur s’organisent pour éviter la casse de ce service public.

Depuis quelques années déjà, le conseil départemental dirigé par le député (LR) Patrick Devedjian traîne des pieds. En 2016, il a attendu le mois de décembre pour finalement signer la convention avec la ville pour le financement des PMI. Il a également déjà commencé à réduire le personnel dans les deux PMI départementales, faisant passer le nombre de puéricultrices de 9 à 4,5 et celui d’auxiliaires de puériculture de 10 à 5. Quatre heures de vacations médicales ont aussi été supprimées, ainsi qu’un poste de psychologue. Si la décision de déconventionnement des deux PMI devient effective, elles ne pourront plus fonctionner, avec un impact important sur les habitants. La crainte est aussi alimentée par l’exemple du département des Yvelines, qui doit fusionner avec celui des Hauts-de-Seine : là-bas, le nombre de PMI a fondu de 55 à 22…
Les réseaux tissés pour repérer et soigner les enfants

L’idée du conseil départemental est de remettre les dépenses au même niveau qu’ailleurs et, à terme, de regrouper toutes les structures de santé dans un seul centre. Gennevilliers est pourtant dans une situation sanitaire plus compliquée que le reste du département avec, par exemple, un taux de mortalité infantile de 4,7 pour mille, contre 3,7 dans le reste du département, et un taux de prématurés de 6,3 % (contre 2,6 %), selon des chiffres de 2007. « Cette différence est tellement palpable que Charles Pasqua lui-même, lorsqu’il était à la tête des Hauts-de-Seine, avait reconnu que l’allocation de fonds plus importants pour la santé dans cette ville était justifiée », rappelle le Dr Alain Tyrode-Morelli, qui chapeaute le secteur de la santé à la mairie de Gennevilliers.

Derrière ces chiffres, c’est tout l’édifice de la médecine préventive, et les réseaux tissés entre professionnels pour repérer et soigner les enfants, qui est « détricoté » (...)

La prévention, c’est médicalement efficace et économiquement rentable. » Un argument auquel ne semble pas être sensible Patrick Devedjian, peut-être parce que « ce ne sont pas les mêmes qui payent », ironise Patrice Leclerc, le maire (PCF) de Gennevilliers.

Pour l’instant, le personnel des PMI demande des éclaircissements. Le conseil départemental n’a jamais fait d’annonce officielle et, selon Elsa Faucillon, la question du déconventionnement n’a jamais été discutée. Ni en conseil départemental, ni même en commission des affaires sociales. Mais, selon elle, il y a une cohérence entre cette politique et l’injonction à ne plus faire de logements sociaux. « Au fond, ils voudraient que ces populations ne vivent pas dans les Hauts-de-Seine », insiste l’élue.