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France TV Info
Cryptomonnaies : étrangers au monde de la finance, ils se passionnent pour cette "révolution financière naissante"
Article mis en ligne le 6 décembre 2021
dernière modification le 5 décembre 2021

Le bitcoin a enregistré en octobre la plus haute clôture mensuelle de son histoire, avec un taux d’environ 53 000 euros pour un bitcoin. Le système des cryptomonnaie et les gains astronomiques qu’il fait espérer attirent les investisseurs amateurs.

Alors que le bitcoin a enregistré un nouveau record (autour de 59 000 euros pour un bitcoin), mardi 9 novembre, de nombreux amateurs ont rejoint les rangs des "crypto-enthousiastes" alors qu’ils n’auraient jamais imaginé se passionner un jour pour la gestion d’actifs numériques.
"Un moyen de faire fructifier mes économies"

Travailleur indépendant dans le monde de l’informatique, Nuwan a profité d’une baisse durable du cours du bitcoin en 2019 pour se documenter sur le fonctionnement des cryptomonnaies. "Je cherchais un moyen de faire fructifier mes économies sans toucher à tout ce qui était boursier : dans mon esprit, c’était un univers où les placements mettaient 10 ans pour être rentables et nécessitaient de faire appel à de nombreux intermédiaires, comme des courtiers", justifie cet habitant des Yvelines de 34 ans.

Comme Caroline, Nuwan forge au fil de ses recherches son intime conviction : la blockchain – la technologie décentralisée qui fait fonctionner les cryptomonnaies – est la première pierre d’un bouleversement économique d’ampleur. "Plus je m’y plonge, et plus je trouve que c’est une révolution financière naissante", observe Nuwan.

"Des échanges sans coût, anonymisés, à l’abri des gouvernements et institutions financières qui peuvent dévaluer une monnaie quand ils le souhaitent…"
Nuwan, investisseur en cryptomonnaies à franceinfo (...)

Caroline et Nuwan ne s’imaginaient sans doute pas il y a quelques mois passer des heures à partir à la pêche aux infos avant d’investir leurs économies dans des actifs numériques, mais aucun des deux ne regrette son choix. "Je suis l’actualité du secteur pendant la journée sur Twitter, je discute avec des journalistes spécialisés, des influenceurs… Le soir, je participe souvent à des réunions vocales sur Discord pour discuter avec d’autres investisseurs amateurs et échanger des conseils", énumère l’ancienne cheffe d’entreprise du Loiret. (...)

Si Guillaume* est monté dans le wagon du bitcoin, c’est pour des raisons politiques. "J’avais une très mauvaise image du système bancaire et des marchés financiers, qui faisaient selon moi marcher le monde dans un sens inégalitaire", explique ce Parisien de 39 ans, devenu chef de projet dans l’informatique après avoir exercé comme ingénieur du son. (...)

"Fasciné" par le fonctionnement décentralisé des cryptomonnaies et convaincu par la "promesse que le bitcoin allait devenir la monnaie d’internet", le trentenaire débourse 630 euros pour acquérir trois bitcoins en mars 2015… et passe à autre chose. "Je n’avais pas particulièrement besoin d’argent à cette période. Je ne regardais donc que très peu le cours du bitcoin et n’y ai pas touché jusqu’en février 2021", continue Guillaume. La monnaie numérique s’échange alors à environ 47 000 euros l’unité : ses trois bitcoins valent 141 000 euros.

Le chef de projet qui avait pourtant une grande méfiance dans l’univers de la finance se surprend alors à vouloir "mettre les mains" dans les marchés des cryptomonnaies, dont l’activité a explosé en six ans. Il garde l’essentiel de ses trois bitcoins de côté, et décide d’en utiliser "5 à 10%" pour acheter et revendre des monnaies moins célèbres, dont la valeur varie parfois beaucoup plus vite. Depuis février, le trentenaire réalise des opérations "tous les jours". "J’ai repéré la semaine dernière une cryptomonnaie dont le fonctionnement ressemblait à une autre dont le cours avait explosé quelques jours plus tôt. J’en ai donc acheté pour 0,1 bitcoin [5 300 euros au moment de l’entretien] avant de tout revendre dix minutes plus tard, car le cours avait augmenté de 20%", s’amuse le Parisien.

Guillaume n’aurait pas cru se passionner un jour pour cet univers. "Mais avec le recul, je me dis qu’expérimenter, tester des choses par moi-même, me correspond tout de même assez bien", souffle-t-il. L’investisseur ne se voit pourtant pas durer dans cette jungle : "Je suis plutôt satisfait d’avoir découvert ce monde, mais j’envisage d’arrêter d’ici quelques mois : tout cela ne correspond pas à mes valeurs et est assez loin de la promesse extraordinaire qui m’a séduit au départ." (...)