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Covid-19 : les quatre vérités du docteur Jean-Baptiste cardiologue à Vic-en-Bigorre
Article mis en ligne le 18 mai 2020

Cardiologue à Vic-en-Bigorre, le Docteur Alain Jean-Baptiste a accepté de témoigner sur son vécu de la pandémie COVID. Il dresse un bilan sévère et argumenté. Indigné par les mensonges d’Etat et les manipulations, il est scandalisé par le véritable drame des EPHAD où des centaines de personnes âgées sont mortes faute de pouvoir accéder à des services de réanimation saturés.

(...) Je pense qu’il y a un lien de plus en plus évident entre cette maladie, la densité de population et la pollution. Cela semble évident lorsque l’on regarde les zones touchées au Royaume-Uni ou en Italie avec la Lombardie. Ce sont le plus souvent des régions où il y a une forte densité de population et une forte pollution. Quand on regarde la carte des Etats-Unis, on fait le même constat. On voit bien que du côté des Rocheuses ou des grandes plaines, il n’y a pratiquement pas de cas.

Les cas sont relativement rares dans les Hautes-Pyrénées mais il y a quand même eu quelques cas de contamination. A ma petite échelle j’ai eu cinq patients atteints gravement par le coronavirus. Il y en a eu peut-être plus mais ce sont les seuls pour lesquels j’ai reçu un compte rendu. Il faut quand même signaler que parmi ces cinq patients, trois ont reçu de la chloroquine et sont vivants, une patiente ne l’a pas reçue et est malheureusement décédée. Le cinquième ne l’a pas reçue mais, heureusement, il est vivant.

« On nous a malheureusement dépossédé
du droit de prescrire la chloroquine-azithromycine » AJB.

Ici la prescription de chloroquine a été très encadrée ce qui est une bonne chose mais malheureusement restrictive pour la plupart des médecins libéraux, généralistes et spécialistes, ce qui me semble plus critiquable. On nous a malheureusement dépossédé du droit de prescrire la chloroquine-azithromycine, même de manière encadrée, nous les médecins de base, que ce soient les généralistes ou même les spécialistes. Seuls les spécialistes hospitaliers, les pneumologues et réanimateurs, je crois, ont le droit de prescrire ce protocole. Il y a quelques personnes qui le font mais cela reste très difficile sur notre département. Il me semble que la position des autorités régionales, mais je n’ai pas vu les derniers textes de nos autorités de santé toulousaines, n’allait pas dans le sens du protocole hydroxychloroquine/azithromycine. (...)

ce virus est véritablement dangereux. Il me frappe par son aspect imprévisible. C’est d’ailleurs ce qui a rendu la prise en charge des patients aussi délicate. Ce virus est aussi multifocal. Ce sont les alvéoles pulmonaires qui sont le plus souvent touchées, mais il peut y avoir également des atteintes neurologiques, des atteintes cardiaques avec une recrudescence de thromboses, ou des embolies pulmonaires qui sont souvent la cause de décès dramatiques. Il y a aussi des atteintes d’embolies en périphérie qui sont plus difficiles à gérer que les embolies classiques car elles interviennent dans ce que l’on appelle la micro circulation, donc pas seulement sur les troncs principaux. Le problème est que l’on n’arrive pas à traiter facilement ces phénomènes de thromboses distales et que l’on peut en arriver à des cas dramatiques, comme pour ce jeune acteur américain qui a été amputé récemment. Cet aspect multifocal et imprévisible, cet aspect explosif de la phase 2 qui est la phase immunitaire de cette maladie, rend le suivi médical très difficile et très hasardeux. (...)

C’est un virus qui est composé de 3 parties. La partie périphérique en forme d’épine est surtout faite de protéines. La partie intermédiaire est une membrane composée d’un mélange de protéines et de phospholipides, donc de matière grasse. La partie centrale est de l’ARN, on l’appelle nucléocapside. Cette structure explique pourquoi le savon est peut-être l’arme la plus efficace pour se protéger de ce virus.

On peut comparer la molécule de savon à une épingle avec une tête hydrophile ayant une affinité pour l’eau alors que la queue est hydrophobe et lipophile. Cela créé une sorte de couronne isolant le virus et permettant de l’évacuer avec l’eau. En se lavant les mains on a tout juste car non seulement on va isoler le virus avec le savon, mais on va aussi l’évacuer avec l’eau. De plus la partie qui est hydrophobe et aussi lipophile, va agir sur la membrane du virus (qui contient des matières grasses) et en réduire la virulence par altération de cette membrane. Une fois qu’il est dans l’eau, on n’a pas encore constaté d’activité fort heureusement et comme on l’a déjà dit le virus a été bien altéré par l‘action du savon. Mais on n’est pas encore au bout de nos découvertes… (...)

Si je vous avais demandé de me prescrire de l’hydroxychloroquine en ayant assez de symptômes, ou même à titre préventif l’auriez-vous fait ?

Doc. AJB : La question est difficile. Je vais essayer de ne choquer personne mais comme vous l’avez deviné je suis assez favorable au protocole du Professeur Raoult car je pense qu’à partir d’un certain nombre, pour reprendre les mots du philosophe Engels : la quantité devient la qualité. Je pense que les fait s’accumulent en sa faveur et personnellement, si vous aviez été en danger, peut-être ne vous l’aurais-je pas prescrit moi-même parce que je ne veux pas être hors-la-loi, mais j’aurais fait l’impossible pour vous sauver. Et l’impossible aurait peut-être été de contacter des grandes sommités favorables à ce protocole comme le Professeur Christian Perronne ou le Professeur Philippe Douste-Blazy, et de voir ce que l’on pourrait faire pour vous sauver. Car c’est mon rôle de médecin. Quant au traitement préventif il faut faire attention aux termes. S’il s’agit de vous donner ce protocole parce que vous êtes déclaré positif au COVID et que vous êtes au premier stade de la maladie, je serais extrêmement favorable à ce que vous le preniez. Car c’est justement là l’indication. Cela ne sert à rien de le donner au moment de la phase 2. Par contre il est hors de question de donner de l’hydroxychloroquine à tout le monde en se disant que l’on va éviter la contamination. Il faut un diagnostic de certitude concernant l’infection du COVID.

PP : Comment jugez-vous ce médicament et les travaux du Professeur RAOULT ?

Doc. AJB : Je suis conscient que nous manquons d’études en double aveugle, multicentriques et protocolées, mais nous sommes en situation de guerre et ce n’est pas le moment de faire ces études-là. Je juge donc ce médicament de manière favorable car comme je vous l’ai dit à partir d’un certain nombre, la quantité (de résolution de cas) devient une qualité. (...)

De plus, il n’est pas tout seul à l’IHU. Il y a autour de lui des personnes qui sont presque de son niveau, et qui auraient très bien pu dénoncer une supercherie. Par ailleurs, aucun de ses détracteurs n’est venu contrôler et démonter son travail. Donc je pense qu’il ne ment pas. Depuis, il a fait des études sur beaucoup plus de cas et c’est énorme. Sur des cas avérés avec des lésions au scanner, il a je crois un taux spectaculaire de guérisons. Ce que l’on ne voit nulle part ailleurs. Précisons que les lésions au scanner pulmonaire apparaissent précocement dès la phase 1 de cette maladie. (...)

en tant que médecin libéral, comment avez-vous pris l’interdiction de prescription émise à l’encontre de l’hydroxychloroquine ? Et donc de la liberté d’exercice des médecins. Ce qui est une première et une entorse sévère à la pratique médicale.

Doc. AJB : C’est un véritable scandale, bien que je comprenne la prudence des autorités de santé qui craignaient une automédication massive à la chloroquine. On aurait toutefois très bien pu imaginer que sa prescription se fasse selon un protocole très prudent, comme l’est d’ailleurs celui du Professeur Raoult. Par exemple, cela a été fait pendant des années pour d’autres médicaments, avec des prescriptions sur carnet à souche, assorties d’un cahier des charges où l’on précise les doses prescrites. Selon le protocole établi par le Pr Raoult, on demande un électrocardiogramme aux 1er, 2e et 10e jour de la prescription, pour dépister les effets secondaires cardiaques qui restent rares dans son étude sur maintenant plus de 3000 personnes. Son protocole comprend également un ionogramme, c’est-à-dire un dosage du potassium. Moyennant quoi le nombre d’accidents cardiaques est infime, parce que les quelques cas qui auraient pu évoluer de la sorte sont écartés. Il faut se souvenir que c’est un médicament prescrit depuis plus de cinquante ans sur des milliards de personnes, et qu’il y a eu très peu d’accidents cardiaques hors ingestion massive (...)

Je trouve donc que cette interdiction est un vrai scandale parce que cela est complètement opposé au serment d’Hippocrate où le médecin doit prescrire en son âme et conscience. Les médecins ont tout de même souvent fait dix ans d’études. Ce n’est pas rien. Les pharmaciens ont déjà été touchés par ces interdictions arbitraires puisque on leur a interdit de vendre des masques, interdiction heureusement levée maintenant. Cela me semble scandaleux. Que va-t-il se passer demain ? On va peut-être dicter aussi aux journalistes ce qu’ils doivent écrire. Et pourquoi pas aussi dans les autres corps de métiers comme la justice notamment. On arrive ainsi à une société véritablement dictatoriale que je ne peux pas cautionner. (...)

J’affirme qu’il y a eu manipulation. S’il y avait vraiment eu honnêteté intellectuelle, on aurait déjà assisté à plusieurs études reprenant le protocole du Professeur Raoult. Ce qui n’est pas le cas et on a déjà perdu deux mois. Ce qui est beaucoup trop face à un désastre sanitaire de cette ampleur. En fait, c’est la stratégie de la demie vérité et du vrai mensonge. Vous faites une étude sur la chloroquine en la prescrivant trop tard, pas forcément aux doses qui semblent efficaces et parfois sans azithromycine. Ça ne marche pas. Mais vous faites relayer tout cela par toutes les chaines d’info. C’est une stratégie manipulatoire malheureusement assez efficace. C’est un peu comme faire une mousse au chocolat avec du sel et ensuite claironner que la mousse au chocolat ce n‘est pas bon ! (...)

Vous pouvez regarder toutes les études qui sont allées dans le même sens en concluant que l’hydroxychloroquine était inefficace, toutes utilisent le même stratagème, à savoir en prescrire pour des personnes parfois dans des états dramatiques, voire moins graves mais où les patients ont eu besoin d’être hospitalisés. Encore une fois, on ne parle pas du tout de la même chose. (...)

Aujourd’hui la politique de tests n’est pas remise en question. Mais force est de constater que M. le ministre de la Santé a promis 700 000 tests /semaine et qu’on les attend toujours. Je crains qu’il y ait là encore un mensonge d’état, comme il y a pu en avoir un pour les masques. A ce jour, le seul progrès est qu’il ne dit pas que les tests ne servent à rien. Bien entendu, il est probable que le manque de test ait pu jouer sur les taux de mortalité. Mais ce n’est pas le seul facteur. Je pense que l’une des raisons déterminantes d’un bien meilleur bilan en Allemagne - sous réserve que le comptage des morts y soit réellement rigoureux, ce qui reste à prouver tout en précisant que l’Allemagne a à peu près 5 fois moins de morts que la France – est que ce pays a deux fois plus de lits de réanimation. (...)

Donc forcément ils ont pu réanimer toute une population entre 75 et 90 ans. Ce que l’on n’a pas pu faire ici. Ou très peu. On a un peu réanimé dans la tranche 75-80 ans, et encore. Il y a eu cet article du Canard enchaîné évoquant une directive demandant de ne pas réanimer les personnes d’un certain âge. On n’a pas beaucoup de précisions sur cette directive donc il est difficile d’accuser sans preuves. Mais il est certain que dans les EPHAD on a laissé les gens démunis. Ce qui m’a personnellement scandalisé, d’autant plus que les pauvres étaient dans un isolement total avec interdiction de voir leurs familles. Je pense que moyennant de grandes mesures de protection on aurait pu très bien permettre qu’ils voient leurs familles. (...)

Je suis totalement indigné qu’à partir du moment où les masques ont été mis en vente, on a vu des stocks énormes arriver. Ceci alors que des soignants n’avaient pas de masques, notamment dans les EPHAD. Ce n’est pas normal. Cela veut dire qu’il y a peut-être des marchés parallèles mais un état devrait être au courant et devrait contrôler la production et l’approvisionnement en masques. C’est un non-sens parmi tant d’autres. (...)

Qu’il n’y ait pas eu assez de dépistage dans une population particulièrement exposée est un véritable scandale. Si l’on avait isolé les positifs des autres pensionnaires des EPHAD, si l’on avait par exemple créé un pavillon pour les personnes testées positives, et si tous les soignants avaient été masqués, on n’en serait sans doute pas là. Et puis surtout, sans la suppression de tous ces lits d’hôpitaux, on aurait eu la possibilité de réanimer une grande partie de ces pensionnaires d’EPHAD, avec peut-être trois fois moins de morts. (...)

pour avoir fait de la réanimation je peux vous dire que l’on peut réanimer des gens âgés, certes avec moins de succès que pour des personnes plus jeunes. Mais on peut arriver à sortir des patients de situations dramatiques. Pour chaque individu, même âgé, il y a ce que l’on appelle « l’index de gravité statistique ». C’est-à-dire qu’une personne de 80 ans qui n’a pas de défaillances viscérales, qui n’a pas de maladie chronique, et qui a juste l’infection au COVID, a une possibilité non négligeable de passer le cap de la réanimation et de pouvoir être sauvée. (...)

A partir du moment où il y avait des index de gravité statistique faibles et où l’état cognitif du patient était correct, je pense que c’était un non-sens de ne pas leur donner une chance en réanimation. (...)

on aurait dû dire la vérité aux gens. Les français l’auraient compris. On aurait pu dire qu’il y avait une situation sanitaire telle que l’on ne pouvait pas pour l’instant donner des masques à tout le monde. Et surtout on aurait dû expliquer à tout le monde comment fabriquer son propre masque. Or le sursaut est venu des gens eux-mêmes par les réseaux sociaux, ce qui est totalement anormal. Des professionnels de santé soi-disant experts sont venus tous les soirs asséner des chiffres affreux de mortalité. Mais il n’y a jamais eu d’atelier organisé par ces experts pour expliquer simplement à la population comment se prémunir. C’est cela que je regrette. C’est la population par elle-même qui est arrivée à ce bon sens élémentaire, alors que nos gouvernants en ont été incapables. Et ceci alors qu’ils sont tout à fait capables de nous faire peur, de nous interdire à nous médecins l’essence même de notre profession, d’interdire à des pharmaciens de vendre des masques même s’ils en ont, d’interdire aux médecins de prescrire de la chloroquine alors que c’est un médicament que ceux-ci prescrivent depuis très longtemps pour le paludisme ou le lupus. Il y a eu beaucoup de non-sens dans cette crise. (...)

Je pense que l’erreur du gouvernement, en dehors du mensonge sur les masques, et peut-être du mensonge sur les tests, c’est de s’être entouré d’un comité scientifique avec des personnes qui ont des conflits d’intérêts. Ce n’est vraiment pas normal.

Concernant les laboratoires, je n’aime pas jeter l’anathème sur un corps de métier ou sur un groupe de personnes. Pour ce que vous appelez « Big Pharma », je ne voudrais pas non plus être trop caricatural. Il y a eu des moments où ce secteur d’activité a eu un rôle plutôt favorable. Je pense à la recherche contre le SIDA. Il est possible que des intérêts financiers aient pu générer cette lutte acharnée contre l’utilisation de l’hydroxychloroquine. L’interdiction qui a été faite aux médecins généralistes de la prescrire, ce qui devrait être possible avec un encadrement qui aurait été tout à fait réalisable, m’a profondément choqué. Elle relève peut-être en effet d’une collusion d’intérêt. Une collusion qui manifestement concerne également des experts du comité scientifique qui a conseillé la Présidence de la République. (...)

Je tiens à dire que ce gouvernement est parti d’une situation inqualifiable avec une politique de santé totalement absurde depuis trois gouvernements successifs. Une politique sans doute pilotée par les diktats de l’Union Européenne et dont manifestement l’Allemagne est la seule bénéficiaire. Mais il est évident par exemple que le fait d’avoir détruit des stocks de masques est une erreur historique. Bref ce gouvernement a fait ce qu’il a pu en mentant à la population, ce que vous aurez compris, je juge inqualifiable et qui, à mon avis, est une autre erreur historique. Je pense que partant de ce constat il aurait dû être pragmatique et dire ce qu’il en était. Je ne sais pas si on peut parler d’alliance entre le politique et le scientifico-médical, mais il y a manifestement une situation anormale que je dénonce, qui est celle d’experts qui ont des conflits d’intérêts. Il faudrait que cela cesse. Quand il y a trop de conflits d’intérêts il ne peut pas y avoir d’objectivité. Ce qui peut aussi expliquer cette débâcle. (...)

ce qui me fait peut-être le plus peur dans cette histoire, est de savoir que cette crise du coronavirus a légitimé une dérive autoritaire du capitalisme qui semble nous orienter vers un capitalisme à la chinoise. Ce qui est effrayant car je pense que la France ce n’est pas ça et cela ne le sera jamais.

Concernant le gouvernement actuel il serait faux de lui imputer toute la responsabilité du fiasco de la gestion de cette crise. Il n’a fait que poursuivre une politique de restriction budgétaire pour la santé initiée sous la présidence de M. Nicolas Sarkozy, et continuée par M. François Hollande. La restriction des lits d’hôpitaux a commencé sous l’égide de M. Xavier Bertand qui était alors ministre de la santé de M. Nicolas Sarkozy. Cela a été poursuivi sous les présidences Hollande et Macron. La destruction des stocks de masques a été, je le crois, initiée sous l’égide de Mme Marisol Touraine, ministre de la sante de M. Hollande. Cet état de fait n’a pas été amélioré sous la présidence de M. Emmanuel Macron qui aurait pu reconstituer le stock de masques. (...)

M. Macron est tout de même responsable de trois fautes graves me semble-t-il, à savoir le mensonge à propos des masques dont on a déjà parlé. Il aurait été plus simple de dire la vérité aux français et de mettre l’accent sur les moyens assez simples de fabrication de masques en tissu dès le départ, sans attendre que cela vienne des réseaux sociaux. Par ailleurs il fallait de toute évidence fermer les frontières. Pas seulement celles de Schengen, mais les frontières nationales, ce qui aurait peut-être permis d’éviter un confinement qui finalement, a conduit à fermer dans un périmètre très réduit. Je pense qu’il y a eu là un choix idéologique car on a voulu marquer notre politique voire notre allégeance pro Union Européenne, ce qui bien-sûr est une opinion qui peut se défendre mais ce dogmatisme était totalement inadapté dans une telle situation sanitaire. Enfin une très grave erreur a été de na pas faire comme l’Allemagne, à savoir de se lancer dans une stratégie de dépistage massif et aléatoire. Cela aurait permis de dépister les cas positifs et de les isoler. De toute évidence, ces fautes sont de la responsabilité de M. Macron et de lui seul. Concernant la parole présidentielle, de très grosses erreurs méritent d’être soulignées. Lors de son allocution le président Macron a dit qu’il ne fallait dépister que les malades, ce qui est un non-sens car tout médecin compétent saura d’après les signes que le patient est porteur du COVID ou non. C’est pourquoi on sait très bien, et on le savait déjà au moment de cette allocution, que ce sont surtout les porteurs asymptomatiques qui sont les plus dangereux dans la dissémination de la pandémie. (...)

PP : Que faudrait-il faire selon vous pour que les errements et les dérives que vous décrivez ne se reproduisent pas ?

Doc AJB : Il faudrait déjà que nos gouvernants aient une capacité d’autocritique. Ce qui reste encore à prouver. Il faudrait que les lits de réanimation soient doublés. C’est-à-dire qu’il faut repenser totalement la politique de santé. Pourtant, alors que l’on a tous fait le constat de la limitation des lits de réanimation, il semblerait, je parle au conditionnel, qu’il n’y ait encore eu aucune augmentation de lits d’hospitalisation. Apparemment, personne n’a encore tiré les leçons de ce qui s’est passé. Même remarque sur le flou complet concernant l’arrivée des tests. Je pense que la moindre des choses après le fiasco des masques eut été de dire les choses clairement à la population. Et ne pas dire les tests seront là d’ici une semaine, quand un mois après on ne voit toujours rien. Apparemment les choses se reproduisent de la même manière. Il y a donc des questions à se poser. Je ne veux pas orienter cela sur un terrain trop politique, mais vous aurez compris que je ne suis guère favorable à la ligne actuelle.