« Chevilles ouvrières essentielles » des hôpitaux, les jeunes médecins doivent changer de stage début mai. Faute de postulants, plusieurs services de réanimation franciliens pourraient se retrouver en difficulté.
Corentyn Ayrault vient d’achever une semaine de quatre-vingt-dix heures de travail. Encore une et ce sera, pour l’interne en anesthésie-réanimation, la fin de son stage au bloc central des urgences et à la maternité de la Pitié-Salpêtrière (Assistance publique-Hôpitaux de Paris, AP-HP). La fin, aussi, d’un tunnel de trois semaines à un rythme extrême, sans s’arrêter, hormis pour le repos de sécurité obligatoire, « pour dormir » après vingt-quatre heures de garde. (...)
Corentyn Ayrault vient d’achever une semaine de quatre-vingt-dix heures de travail. Encore une et ce sera, pour l’interne en anesthésie-réanimation, la fin de son stage au bloc central des urgences et à la maternité de la Pitié-Salpêtrière (Assistance publique-Hôpitaux de Paris, AP-HP). La fin, aussi, d’un tunnel de trois semaines à un rythme extrême, sans s’arrêter, hormis pour le repos de sécurité obligatoire, « pour dormir » après vingt-quatre heures de garde. (...)
« C’est sûr qu’à part la gloire, on n’a pas grand-chose », témoigne le jeune francilien, un peu écœuré, qui rappelle qu’il est « payé pareil », quel que soit le nombre d’heures alignées. « Je le fais parce que je sais que ça rend service, mais c’est vrai que je suis un peu à bout », reconnaît-il, après une année sur le front du Covid-19. Les conditions de travail « à faire pleurer » pèsent de plus en plus lourd. (...)
« Le Covid a pris le pas sur toutes les autres pathologies »
Le 3 mai, à l’heure du changement de stage de l’ensemble des internes déployés dans le système hospitalier français, Corentyn Ayrault partira en anesthésie, à Bordeaux, en espérant échapper au Covid-19. En Ile-de-France, il n’a pas été le seul à effectuer ce choix : de manière relativement inédite, à entendre certains médecins, plusieurs services de réanimation vont se retrouver sans interne, ou avec beaucoup moins de jeunes médecins que durant le semestre qui vient de s’écouler. Les postes vacants existent en permanence, le nombre de stages ouverts étant toujours supérieur d’au moins 7 % à l’effectif, mais la désaffection touche cette fois-ci fortement des réanimations sous le feu de la troisième vague épidémique. (...)