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France TV Info
Coronavirus : pourquoi est-il si difficile de prévoir l’arrivée d’une deuxième vague ?
Article mis en ligne le 23 mai 2020
dernière modification le 22 mai 2020

Les épidémiologistes tentent de prédire l’évolution de la pandémie. Franceinfo développe trois questions qui animent les chercheurs et qui expliquent pourquoi il est difficile de prévoir l’imminence d’une résurgence du virus.

Jeudi 21 mai, la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Andrea Ammon, a mis en garde contre la survenue de ce "temps 2" de la pandémie, au moment où de nombreux pays amorcent un déconfinement. La question n’est pas de savoir s’il y aura une nouvelle vague de contaminations en Europe, mais "quand et de quelle ampleur", explique cette médecin de formation. "Maintenant que l’on voit clairement [les infections] baisser, les gens pensent que c’est fini. Mais ça ne l’est pas." (...)

Dans le même temps, quelques scientifiques, aux positions toutefois minoritaires, estiment que cette deuxième vague ne viendra pas. C’est le cas notamment du très médiatique professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée infection à Marseille, lequel estimait, le 1er mai, qu’une deuxième vague relevait "de la science-fiction".

Plus prudents, d’autres notent qu’il n’y a pour l’instant pas de signes d’une reprise de l’épidémie, même 11 jours après le début du déconfinement, mais qu’il demeure impossible d’écarter l’hypothèse d’une deuxième vague à moyen terme. En réalité, tous font face à la même difficulté : prédire l’évolution d’un virus que nul ne connaît. Franceinfo revient sur les trois inconnues qui empêchent de trancher la possibilité d’une nouvelle vague, aussi redoutée qu’imprévisible. (...)

les autorités martèlent l’importance d’adopter les gestes barrières, sans avoir la certitude qu’ils suffiront à empêcher un retour de l’épidémie : "Aujourd’hui personne ne peut affirmer ce qui va se passer", déclare à l’AFP Nicolas Hoertel, psychiatre et modélisateur à l’hôpital Corentin-Celton à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), co-auteur d’une étude selon laquelle la distanciation physique et le port du masque sont des mesures cruciales après le confinement, mais qui pourraient toutefois ne pas suffire à éviter un second pic épidémique. "Ce risque n’est pas nul, donc notre message est plutôt un message de prudence, un appel à la vigilance collective et au respect des mesures de protection", prévient-il. (...)

La vraie deuxième vague pourrait ne pas être celle liée à la fin du confinement, mais arriver plus tard, à l’automne. Mais là encore : aucune certitude. (...)

On peut s’attendre à une deuxième vague et c’est ce qu’on a vu sur toutes les pandémies grippales sur le siècle dernier", a-t-il affirmé.

Même hypothèse pour le Dr Yves Gaudin, également cité par franceinfo : "Les infections respiratoires ont souvent un caractère saisonnier, indique le virologue. Le virus a peu circulé. On voit bien qu’il y a des ’clusters’ qui réapparaissent." "Le respect des gestes barrières et le beau temps devraient nous aider cet été" à éviter la propagation du virus, mais pour l’instant "l’hypothèse d’une seconde vague en automne n’est pas du tout exclue. Le virus tourne autour de la planète, au Brésil, au Chili, en Argentine. Il n’est pas exclu qu’il revienne. Donc, il faut être extrêmement prudent." (...)

Troisième inconnue : l’immunité. Dans quelles mesures (et pour combien de temps), les personnes qui ont contracté le Covid-19 sont-elles immunisées face à la maladie ? A ce stade de la pandémie, ces questions toujours en suspens empêchent de prédire avec exactitude son évolution. (...)

De plus, il n’y a "actuellement aucune preuve que les personnes qui se sont remises du Covid-19 et qui ont des anticorps soient prémunies contre une seconde infection", a mis en garde fin avril l’Organisation mondiale de la santé (OMS). (...)