En France, le mois d’août est politiquement celui des Roms constate Vogelsong. Notre blogueur dénonce le "cynisme" de Manuel Valls et incite la gauche à avoir le "courage d’aller contre l’opinion".
(...) En août 2012, François Hollande règne, Manuel Valls tient le bâton. Et rien n’a changé. Ni le manque de courage, ni les fausses solutions, ni l’hypocrisie des prétextes. Des Roumains et Bulgares vivant dans des campements de fortune sont pourchassés sous les objectifs de la presse. L’association des maires socialistes approuve, les barons de la droite extrême se gaussent. Les Français bronzent et acquiescent mollement, puisque c’est la seule solution.
Les gouvernements sont passés maitres dans l’art d’exhiber leur courage. Prendre des décisions courageuses est devenu le grand leitmotiv de l’oligarchie. Sous ce vocable se nichent généralement la chasse aux pauvres, la stigmatisation des minorités, l’exutoire sur des problèmes secondaires. Au sujet des Roms, le gouvernement se targue de prendre à bras le corps un cas complexe. Une poignée de gens qu’on livre aux médias. Et dont il faut bien le dire, l’extrême gauche libertaire se saisit pour faire du bruit. Or si on peut imputer ce "courage" au PS, curieusement il est de même nature que celui dont se targuait l’UMP.
On peut penser aujourd’hui, à l’ère de la nouvelle gauche décomplexée, que le courage relève d’une autre forme. Celle de traiter politiquement les problèmes de la même façon que la droite. Et de le dire. Ou mieux le montrer. Avec Manuel Valls on en a fini du sécuritaire honteux. Le courage aujourd’hui c’est d’expliquer aux Français, dans cet air de renouveau réactionnaire, que finalement l’inhumanité a ses indiscutables raisons. Le courage finalement dans ces questions humaines c’est d’afficher son cynisme. Le Parti Socialiste, ses militants, ses sympathisants, ses zélateurs et répétiteurs y parviennent presque.
Pourtant, le courage ce serait de respecter ses valeurs. De gauche quand on est de gauche. Le courage c’est d’aller contre l’opinion qui s’accorde selon l’IFOP (mandaté par Atlantico) à 80 % pour démanteler les campements (sachant que dans la même étude 70 % affirment que cela ne changera rien, ou une autre idée du sadisme…). Le courage c’est peut-être de montrer qu’il y a d’autres solutions que les coups de communication. Que ces sujets relèvent de solutions de fond : construire avant d’expulser, éduquer avant de sévir. (...)
En septembre 2011, lors d’une interview à l’assemblée nationale, François Hollande présidentiable interrogé sur les expulsions, expliquait qu’il fallait que cela se fasse dans le cadre de la loi et dans la dignité.
Comme s’il pouvait y avoir de la dignité dans l’expulsion d’un humain.