Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Le Monde
Climat : l’été de la fin de l’insouciance
Article mis en ligne le 21 août 2022

« Cette fois, ce ne sont pas des chiffres ou des projections, c’est sous nos yeux », déplore le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu. Mais difficile de savoir si cette période va marquer durablement les consciences.

Il est arrivé par surprise, comme un mauvais présage. Le 2 août, la présence d’un béluga, long de 4 mètres, est signalée dans l’Eure. Fantomatique, ombre blanche dans l’eau trouble, il remonte lentement la Seine, avant d’être bloqué à l’écluse de Saint-Pierre-la-Garenne, à cent kilomètres de Paris. Que fait ce mammifère marin, qui appartient au monde polaire, si loin des eaux du cercle arctique ? A-t-il été désorienté, en entrant dans les eaux du nord de l’Europe, par les éoliennes offshore ? La modification des courants marins, liée au réchauffement climatique, a-t-elle causé sa déroute ? Ou bien ce cétacé, réputé pour son intelligence, s’est-il simplement montré trop curieux et, comme la petite chèvre du conte d’Alphonse Daudet, a payé de sa vie son rêve de liberté ?

Des dizaines d’experts ont tenté de comprendre, en vain. Les uns ont exclu d’emblée le réchauffement climatique comme cause de cette errance solitaire tandis que les autres assuraient, au contraire, qu’il s’agissait d’une hypothèse sérieuse.

Qu’importe. Dans l’imaginaire collectif, cette troublante apparition a été vue comme un symbole, un avertissement. La manifestation, diffuse et inquiétante, que quelque chose s’était déréglé. (...)

Quelque chose ne tourne plus rond, en effet. Et cet été, cela s’est vu et senti, partout en France. La Corse, jeudi 18 août, s’est retrouvée balayée par des orages d’une violence inouïe avec des vents de 200 km/h, qui ont fait cinq morts. « En cinq minutes, c’était l’enfer », ont raconté des vacanciers de Sagone (Corse-du-Sud), décrivant un spectacle « apocalyptique ». L’état de catastrophe naturelle a été décrété. (...)

Depuis le début de la semaine, des orages et des pluies diluviennes enserrent le pays. Dans le Vieux-Port de Marseille, la mer a débordé, inondant des rues adjacentes, ainsi que deux tunnels. A Hyères, dans le Var, la pluie a été suivie par des grêlons de la taille d’une bille.

« C’est sous nos yeux »

Mais c’est par la chaleur que tout a commencé. Ces vagues caniculaires qui se sont succédé, épuisantes. (...)

La sécheresse, la plus intense que la France ait connue depuis le milieu du XXe siècle, a touché la quasi-totalité du territoire. Et les orages des derniers jours n’y feront rien, tant les sols sont secs, impénétrables. (...)