Le dernier rapport du Giec sur le climat est encore plus alarmant que les précédents. Cela fait des décennies que les chercheurs avertissent sur le réchauffement dû aux gaz à effet de serre, et que les États ne réagissent presque pas. Chronologie. (...)
Ce nouveau rapport est un « code rouge pour l’humanité » a réagi Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU . Entre les mégafeux qui ont ravagé des zones entières de pays méditerranéens, les inondations qui ont tué des centaines de personnes en Belgique, en Allemagne, et en Chine, et des températures à 50 degrés dans le nord des États-Unis, au Canada, en Europe... les événements climatiques de l’été sont venus confirmer en temps réel l’état des lieux dressé par les scientifiques. (...)
« Le rapport prévoit qu’au cours des prochaines décennies, les changements climatiques s’accentueront dans toutes les régions. Pour 1,5°C de réchauffement planétaire, les vagues de chaleur, les saisons chaudes plus longues et les saisons froides plus courtes seront de plus en plus nombreuses. Mais il ne s’agit pas seulement de température », dit encore le Giec. À quoi doit-on s’attendre en plus ? À « des précipitations plus fortes et des inondations associées, ainsi qu’une sécheresse plus intense dans de nombreuses régions », et à « une élévation continue du niveau de la mer tout au long du 21ème siècle, contribuant à des inondations côtières plus fréquentes et plus graves dans les zones de faible altitude et à l’érosion côtière. » Certaines de ces transformations sont, déjà, irréversibles : « De nombreux changements dus aux émissions passées et futures de gaz à effet de serre sont irréversibles pendant des siècles, voire des millénaires, en particulier les changements dans les océans, les calottes glaciaires et le niveau global des mers. »
1956 : « La température à la surface de la terre augmenterait de 3,6°C » (...)
1965 : La Maison Blanche s’inquiète (...)
1971 : « Urgence croissante à agir avant que certaines forces dévastatrices ne soient mises en mouvement » (...)
1979 : Première conférence internationale sur le climat (...)
1982 : Exxon modélise le changement climatique (qu’elle contribue à provoquer) (...)
1984 : « Danger : la terre se réchauffe » (...)
1986 : Shell crée un « groupe de travail sur l’effet de serre » (...)
1988 : Premier objectif de réduction des émissions (...)
1989 : Les pétroliers s’organisent contre toute régulation (...)
1990 : Premier rapport du Giec (...)
1992 : Sommet de la terre de Rio (...)
1995 : Deuxième rapport du Giec et première Conférence des parties sur le climat (Cop) (...)
1997 : Protocole de Kyoto (...)
1998 : Plan de lobbying à 6 millions de dollars des industriels des fossiles (...)
2001 : Troisième rapport du Giec (...)
2005 : Année la plus chaude depuis un siècle (...)
2007 : Quatrième rapport du Giec (...)
2008 : Nouvelle négociation pour rien en Pologne (...)
2009 : Accord de Copenhague (...)
2010 : Un « Fonds vert pour le climat » (...)
2011 : Le protocole de Kyoto prolongé (...)
2012 : Sommet de la Terre « Rio+20 » (...)
2013 : Cinquième rapport du Giec (...)
2014 : Premières marches pour le climat (...)
2015 : Accord de Paris (...)
2017 : Trump rejette l’accord de Paris (...)
2018 : Grève des jeunes pour le climat (...)
2021 : Mégafeux, inondations, températures extrêmes, Cop26 (...)
Après la Cop24 en 2018 à Katowice et a Cop25 en 2019 à Madrid, la prochaine conférence des parties sur le climat aura lieu du 31 octobre au 12 novembre 2021 à Glasgow. (...)
Ces nouvelles négociations ne pourront pas ignorer les dernières alertes du Giec. « Le mandat du Giec n’est pas de faire des recommandations politiques ni de prescrire des mesures. Mais le constat sans appel qu’il vient de détailler, basé sur des connaissances et des données scientifiques rigoureuses, devrait faire réagir l’ensemble des responsables politiques. Il est absolument vital que les gouvernements s’alignent sur un objectif à 1,5°C et revoient leurs plans en conséquence », demande Greenpace. (...)
Car tout n’est pas perdu. Le Giec le dit lui-même : réduire les émissions de gaz à effet de serre immédiatement réduira le changement climatique. Mais pour y arriver, il faut atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. « Le réchauffement planétaire de 1,5°C et 2°C sera dépassé au cours du 21ème siècle, à moins que des réductions importantes des émissions de CO2 et d’autres gaz à effet de serre n’interviennent dans les prochaines décennies », détaillent les scientifiques dans leur dernier rapport. (...)
Le seul moyen d’y arriver serait de ne pas exploiter de nouveaux gisement de fossiles. C’est ce qu’établit notamment un article publié le 8 septembre de la revue scientifiques Nature (...)
Arrêter d’exploiter les énergies fossiles, c’est ce que demande depuis des années de nombreuses organisations actives pour le climat. Jusqu’ici, dans les négociations climatiques, il n’a jamais été vraiment question de mécanismes visant à laisser tout ou partie des réserves fossiles dans le sol. Il n’est pas trop tard pour le faire.