La crise économique a donné un coup de fouet au panier de la ménagère. Aujourd’hui, déplore Mme Salimata Wade, une universitaire, par ailleurs responsable de la »Compagnie du bien manger », qui réunit nutritionnistes, diététiciens et spécialistes de la santé, le Sénégal est l’otage d’une épidémie d’hypertension. »Même les jeunes sénégalais sont hypertendus », note t-elle.
Et ce à cause, d’une alimentation trop riche en sels. Mme Salimata Wade craint que cette situation ne s’aggrave, en raison de la baisse du pouvoir d’achat des Sénégalais. »C’est un problème de société qui se pose. La structure du budget n’est plus la même. Les repas sont fractionnés, les charges énormes et le coût de la vie très élevé ».
Quand elle passe à la loupe les habitudes alimentaires des Sénégalais, c’est pour détecter que le mal est d’une dimension économique. Mme Salimata Wade de s’expliquer. »Jadis, dit-elle, nos mamans mettaient assez de viande, de tomates fraîches, de légumes frais et d’ingrédients dans la marmite. Ce n’est pas par effet de mode que, de nos jours, les femmes recourent de plus en plus aux additifs culinaires. Les bouillons règlent une dimension économique. Ils donnent l’illusion du goût. Du point de vue gustatif, cela donne de l’appétit ».
»Rééduquer le sénégalais et lui apprendre à manger sainement »
Pour étayer sa thèse, la chercheuse de donner l’exemple de l’équation intenable de la ménagère sénégalaise qui dispose d’un maigre budget. »Ce n’est pas facile avec une maigre somme de préparer du riz pour plus de quinze personnes avec un kg de viande ou peu de poisson. Tout est cher au marché. Des sardines qui se vendaient à 50f par pièce s’échangent aujourd’hui à 500 f, le kg de kéthiah coûte 1200 F Cfa, un kg de tomates fraîches est vendu à 600. Elles n’ont pas souvent le choix », explique t-elle.
Pour résoudre une difficile équation, la ménagère n’y va par quatre chemins. Elle se rabat sur les multiples bouillons qui donnent le goût du poisson, de la tomate, des épices, de la viande ou des légumes. (...)
On ne boit plus, par exemple, du jus mais que des arômes qui sont des produits chimiques ». Avec le système des journées continues, les sandwichs, très prisés à midi, se font à forte teneur de mayonnaise, de moutarde, de ketchup qui sont tout aussi nuisibles à la santé.
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