Depuis le 12 octobre, le mouvement contre la casse des retraites a franchi un seuil décisif. Les grandes journées d’action n’en forment plus le centre de gravité, bien qu’elles soient toujours aussi massives et sans cesse plus combatives, comme l’a montré le 19 octobre. Désormais, l’axe central de la lutte s’est déplacé sur le terrain des grèves illimitées et des différentes opérations de blocage de l’économie. Dans tout le pays, le mouvement prend la forme d’un foisonnement d’initiatives : débrayages, piquets, blocages, manifestations... Dans la meilleure tradition du mouvement ouvrier français, la grève se développe à l’initiative des syndicats d’entreprise, des Unions Locales, des Assemblées Générales interprofessionnelles, etc. – malgré la passivité des directions confédérales, qui dans ce domaine ne « dirigent » rien du tout. A cela s’ajoute l’intervention croissante de la jeunesse, avec désormais l’entrée en scène des étudiants, dans la foulée des lycéens massivement mobilisés. Le sol se dérobe chaque jour un peu plus sous les pieds du gouvernement Sarkozy. (...)