Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Basta !
Au Brésil, Volkswagen est accusé de s’être rendu complice de tortures pour le compte de la dictature
Article mis en ligne le 7 octobre 2015

En plein scandale de truquage des émissions polluantes de ses véhicules, Volkswagen est aussi rattrapé par l’histoire. Le 22 septembre, à São Paulo, un collectif d’organisations syndicales, de victimes et de défenseurs de droits humains a déposé une plainte contre le constructeur automobile allemand pour son implication dans la répression lors de la dictature militaire, qui a duré de 1964 à 1985.

Selon la plainte, plusieurs travailleurs de Volkswagen auraient été emprisonnés et battus sur leur lieu de travail pendant les années où la répression était la plus brutale au Brésil, et ce sous la surveillance et avec la participation du personnel de sécurité de Volkswagen. La plainte reproche aussi au constructeur d’avoir licencié les travailleurs considérés comme des opposants, d’avoir dressé des “listes noires” et transmis des rapports sur ses travailleurs aux organes de répression de la dictature. La plainte s’appuie sur des archives et des témoignages de victimes réunis par la Commission de vérité, installée en 2012 pour faire la lumière sur les exactions commises pendant les années de dictature. (...)

Il y a un an, la Commission nationale de vérité révélait que l’ancien président Lula lui-même avait été visé par la surveillance de Volkswagen pour ses activités syndicales. Les comptes-rendus de l’entreprise étaient ensuite transmis à la junte. La plainte collective brésilienne est soutenue en Allemagne par l’ONG “Groupement des actionnaires critiques” qui demande au constructeur de faire face à sa responsabilité historique, de s’excuser et d’indemniser les victimes.