Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Slate.fr/Korii
AstraZeneca : comment l’agressivité britannique a eu raison de la naïveté européenne
Article mis en ligne le 24 mars 2021
dernière modification le 23 mars 2021

La relative rareté du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 est l’une des menaces principales planant sur la campagne européenne de vaccination contre la maladie.

Les livraisons en retard du sérum sont également devenues une amère pomme de discorde entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne, le laboratoire pharmaceutique étant régulièrement accusé de prioriser le premier sur la seconde.

Les tensions sont telles entre le bloc et son ex-membre qu’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a récemment menacé le laboratoire d’interdire les exportations des vaccins qu’elle produit en Europe, cruciaux pour l’approvisionnement du Royaume-Uni.

Politico a analysé les origines de cette guerre des vaccins, et dresse un constat sans appel : la Commission, à qui a été transmise la responsabilité de mener les négociations et de signer le contrat avec le laboratoire suédo-britannique, a pêché par un étonnant excès de naïveté. Ne s’attendant pas à une telle bataille, qui pourtant paraissait inévitable, elle a été trop tendre, trop imprécise dans ses clauses et trop peu pro-active dans l’organisation du processus global.

Le site note que le contrat britannique a été négocié et rédigé par des spécialistes de ce type de commande publique et des arcanes commerciales du secteur pharmaceutique. Ce qui ne fut peut-être pas le cas de l’UE, moins rompue à ces appels d’offres sanitaires et massifs. (...)

L’Union Européenne, de son côté, ne peut que mettre en pause les paiements jusqu’à la livraison des vaccins promis. De surcroît, avec un étonnant laxisme aux lourdes conséquences, elle a contractuellement libéré le laboratoire de la menace d’un procès en cas de non-respect des objectifs.

Politico explique également qu’alors que Bruxelles se concentrait sur l’objectif final du contrat, quantité de vaccins et date des livraisons, Londres s’est plus beaucoup plus fortement impliqué sur les processus en amont, engageant AstraZeneca noir sur blanc à créer une chaîne d’approvisionnement capable de subvenir spécifiquement aux besoins britanniques. Et ce quelles que soient les usines concernées et les conséquences pour d’autres commanditaires. (...)

Le contrat signé par Bruxelles est plus flou en la matière, reposant sur la formulation –courante et par ailleurs partagée– des « meilleurs efforts raisonnables » pour pousser AstraZeneca à fournir le continent en temps en en heure. (...)