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Futura-Sciences
Après le coma, en état végétatif, des personnes restent conscientes...
Article mis en ligne le 2 décembre 2011
dernière modification le 29 novembre 2011

Des milliers de personnes sortent du coma dans un état dit végétatif persistant, montrant des signes d’éveil sans que leur comportement ne démontre qu’un esprit conscient habite leur corps. Les techniques de neuro-imagerie indiquent pourtant que c’est parfois bien le cas. Une nouvelle étude suggère que le nombre de personnes concernées serait considérable.

à la différence de l’état de conscience minimal (ECM), l’EVP se caractérise par l’absence de tout comportement indiquant une activité consciente : langage, réponse comportementale significative, comportement manifestement volontaire. La prévalence, c’est-à-dire le nombre de personnes touchées, est estimée à environ 3 pour 100.000, en augmentation suite aux progrès de la prise en charge des blessures neurologiques. (...)

Les difficultés éthiques liées à l’EVP sont considérables et accentuent la souffrance des proches, à l’exemple du débat politico-médiatique autour de madame Terri Schiavo. Il faut savoir que les tests comportementaux permettent d’identifier la présence d’un esprit conscient, mais non de prouver son absence. Seconde difficulté, les évolutions favorables sont considérées comme rares mais pas impossibles. Nonobstant, l’Assemblée médicale mondiale adoptait en 1989 une déclaration selon laquelle :

« Les risques d’erreur de pronostic à la suite d’une utilisation étendue du critère susmentionné sont si infimes que la décision de l’assimiler à une conclusion pronostique semble tout à fait justifiée. La décision du médecin selon laquelle une personne a peu de chances de recouvrer sa conscience est le prélude habituel aux délibérations sur le retrait ou le refus de soutien à la vie. »

Cette déclaration fut formellement retirée lors de l’assemblée générale de 2005. Voyons pourquoi. (...)

Tout d’abord, des études postérieures à cette déclaration ont montré jusqu’à 43 % de diagnostics erronés. Il est à noter que cette situation persiste encore aujourd’hui, principalement faute d’utiliser des tests standardisés. Ensuite, parce que les progrès de la neuro-imagerie ont permis des constats surprenants. L’imagerie de diffusion a notamment démontré, jusqu’à plus de vingt ans après l’entrée en état végétatif, des repousses axonales associées à une récupération spontanée. (...)

Une autre approche, encore plus frappante, est basée sur les interfaces humain-machine. Le principe est d’enregistrer directement l’activité cérébrale afin de permettre aux sujets de se faire comprendre directement par la pensée, sans nécessité de mouvement. Chez des sujets contrôles, cette méthode permet d’envisager de commander un ordinateur. Chez des personnes paralysées, l’objectif est de contrôler un environnement prothétique. Chez les personnes en état végétatif, l’objectif n’est rien de moins que de prouver qu’un esprit existe là où les tests comportementaux ne montrent rien. (...)

La première démonstration difficilement réfutable fut, en 2006, avec une jeune femme en état végétatif depuis cinq mois des suites d’un traumatisme crânien. Placée dans un IRM, et ayant comme instruction d’imaginer jouer au tennis ou d’imaginer marcher dans sa maison, la jeune femme montrait des activations cérébrales similaires à des sujets contrôles, démontrant ainsi une compréhension du langage, la capacité d’imaginer, et de choisir le contenu de son imagerie mentale. Six mois plus tard, elle retrouvait des signes comportementaux démontrant sa conscience. Les résultats de cette étude laissaient toutefois planer un doute : est-ce que cette personne n’était pas déjà en transition vers l’état de conscience minimale au moment de l’expérience ? Ce cas était-il exceptionnel ou répandu ?

Un début de réponse vient d’être publié dans The Lancet par Damian Cruse et collaborateurs. (...)

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