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Marie-Claude Saliceti
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pense-bête
Après des mois de répression aveugle Place Tahrir une arme de résistance passive : le trompe-l’œil.
Article mis en ligne le 30 mars 2012

Depuis la chute du Mur, à Berlin, en plein hiver 89, malgré tant de prophéties angéliques, d’autres murs de la honte ont été érigés, dont la liste ne cesse de s’allonger : la clôture anti-immigration de la Tercera Nación (1200 km) édifiée par le gouvernement étazunien le long de la frontière méxicaine à partir de 1994 ; la ligne de barbelés de Melilla et de Ceuta (12 & 8 km) installée par l’État espagnol dans ses enclaves marocaines à partir de 1996 ; la « barrière anti-terroriste » (700 km) construite par les autorités israéliennes autour de la Cisjordanie à partir de l’été 2002 ; le grillage électrifié (550 km) aménagé par l’armée indienne sur la ligne de partage entre la vallée du Cachemire et le Pakistan à partir de 2003. Chacun de ces hauts murs permettant de contrôler, restreindre ou empêcher la libre circulation des personnes limitrophes, sous prétexte de protectionnisme migratoire ou de risques terroristes.
Plus récemment, en Égypte – débarrassée du Moubarak mais pas de sa clique militaire ni de ses faux Frères Musulmans –, la place Tahrir a connu de nouvelles tensions avec d’irréductibles protestataires, vers la fin 2011. Et la seule solution trouvée par le « shadow cabinet » de la junte au pouvoir fut de construire, dès novembre, avec d’énormes blocs de pierre, un premier mur empêchant le moindre manifestant d’approcher du Ministère de l’Intérieur. Une sorte de muraille new-look, contre l’ennemi intérieur.

(...) Pour marquer les esprits, le 9 mars dernier, après deux mois de guerilla en trompe l’œil – recouvrant partout les fausses perspectives de la démocratie militarisée par d’autres lignes de fuite –, les jeunes activistes de l’aérosol ont appelé à converger place Tarhir à l’occasion d’une No Walls protest. Un petit air de carnaval, totalement passé sous silence par les journalistes francophones, et vaguement relayé par quelques TV anglo-saxones..

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