Mardi après-midi, pour la première fois depuis le début de l’affaire en 2014, la justice a diffusé des extraits audio des fameuses conversations entre l’ex-Président et son conseil, retranscrites par les avocats. De quoi provoquer le trouble et l’ire de la défense.
Mardi 6 décembre au matin, ont retenti une première fois dans une salle du vieux palais de justice de Paris des extraits des fameuses écoutes téléphoniques de Nicolas Sarkozy, une poignée parmi les « 3 500 » échanges captées – selon lui – dans les divers dossiers judiciaires visant l’ancien président de la République. Il n’est pas encore question des fichiers audio où l’on entend l’ancien président converser avec son ami et avocat Thierry Herzog, non : il ne s’agit que de la lecture par la présidente de la cour d’appel, d’un ton égal, des dialogues tenus au téléphone et enregistrés par des policiers.
Même les propos approximatifs ou les blancs à la fin d’une phrase ne dérident pas la magistrate. Sophie Clément garde son sérieux lorsque, au détour d’une discussion, sont évoqués à haute voix les « bâtards de Bordeaux », une expression fleurie désignant les juges chargés à l’époque d’instruire l’affaire Bettencourt : dans ce dernier dossier, les agendas du président Sarkozy ont été saisis, et le citoyen Sarkozy, qui veut éviter que ces derniers soient éventuellement versés aux autres procédures le concernant, a saisi la Cour de cassation. (...)
Lire aussi :
– Affaire des écoutes : les conversations entre Nicolas Sarkozy et son avocat diffusées au procès
Des voix surgies du passé, quelques grésillements et l’ébauche, selon l’accusation, d’un pacte de corruption : des conversations de 2014 entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog ont été pour la première fois diffusées publiquement, mardi au procès en appel de l’affaire des « écoutes ». (...)
Deux petites enceintes murales et 24 fichiers sonores ont plongé la cour d’appel de Paris dans le cœur de ce dossier de corruption et trafic d’influence : les échanges entre l’ex-président et son avocat historique sur deux lignes officieuses ouvertes début janvier 2014 sous l’alias « Paul Bismuth ».
En première instance, des raisons techniques avaient empêché leur diffusion et la perspective de les entendre mardi a drainé un large public, soumis pour l’occasion à des mesures drastiques. Chaque téléphone devait être éteint et glissé dans un sac de congélation fermé, distribué à l’entrée de la cour.
De ces échanges téléphoniques se dégage la grande proximité entre Nicolas Sarkozy et son avocat et ami de longue date – « Ça va Thierry ? », « Je t’embrasse mon Thierry » – et un petit jeu entre leurs lignes téléphoniques « officieuses » et officielles. (...)
Deux petites enceintes murales et 24 fichiers sonores ont plongé la cour d’appel de Paris dans le cœur de ce dossier de corruption et trafic d’influence : les échanges entre l’ex-président et son avocat historique sur deux lignes officieuses ouvertes début janvier 2014 sous l’alias « Paul Bismuth ».
En première instance, des raisons techniques avaient empêché leur diffusion et la perspective de les entendre mardi a drainé un large public, soumis pour l’occasion à des mesures drastiques. Chaque téléphone devait être éteint et glissé dans un sac de congélation fermé, distribué à l’entrée de la cour.
De ces échanges téléphoniques se dégage la grande proximité entre Nicolas Sarkozy et son avocat et ami de longue date – « Ça va Thierry ? », « Je t’embrasse mon Thierry » – et un petit jeu entre leurs lignes téléphoniques « officieuses » et officielles. (...)
Sur le fond transparaît sa préoccupation concernant un pourvoi qu’il a alors déposé devant la Cour de cassation, afin d’invalider la saisie de ses agendas présidentiels dans le cadre de l’affaire Bettencourt.
Un « coup de pouce » pour Monaco ?
Également prévenu dans ce dossier, Gilbert Azibert, alors avocat général à la Cour de cassation, aurait réussi à obtenir un avis confidentiel dans ce dossier et semble tenter de peser sur les délibérations dans un sens favorable à l’ex-président, selon ce qu’en rapporte au téléphone Me Herzog.
L’ex-chef de l’État suit tout ça de près. (...)
Gilbert Azibert n’a pas décroché le poste à Monaco et la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Nicolas Sarkozy. Selon les prévenus, c’est la preuve que le pacte de corruption n’est qu’un « fantasme ».
En fin de journée, la parole est revenue à Nicolas Sarkozy. L’ex-président s’est avancé vers la barre pour dire tout le mal qu’il pensait de ces interceptions, qu’il disait écouter « pour la première fois ».
« La confidentialité entre un avocat et son client, on peut lui dire au revoir », a-t-il tonné. « En écoutant ça pendant deux heures, j’ai été stupéfait », a-t-il aussi dit, ajoutant : « J’ai senti physiquement une gêne ». La fin des débats prévue pour le 16 décembre.