"Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense."
Missak Manouchian 21 Février 1944
2/2— Georges Salines (@GeorgesSalines) November 8, 2021
Mon grand-père tirailleur de la 2nde , disait la même choses, jusqu'à sa mort. Et nous conseiller de toujours penser de cette manière. C'était de grands hommes et malheureusement aujourd'hui, notre monde fait le contraire.
Une bonne journée dans la paix.— Adaku (@kaayssat) November 8, 2021
Cette lettre est au cœur de "Missak", roman de Didier Daeninckx, consacré à la mémoire de Missak Manouchian, héros d'une population immigrée engagée dans la Résistance.
— Didier Béclard (@DidierBeclard) November 8, 2021
Lire aussi :
– Missak Manouchian : Cet idéal qui le faisait combattre
(...) De ces poères qui ont fait l’histoire
Missak Manouchian, fusillé dans l’hiver glacé avec ses camarades au Mont-Valérien le 21 février 1944 à 15 h 30, est de ces poètes qui ont fait l’histoire. Il est aussi un de ces étrangers jetés en pâture par l’occupant nazi, à travers la tristement célèbre Affiche rouge, qui ont bravé la mort. Opposant au chant macabre des balles nazies, le chant de la liberté, la clameur continue d’un idéal. C’est par le biais d’une affiche rouge et noire, placardée massivement dans les artères du pays, que le communiste d’origine arménienne sort de l’anonymat. Au centre de ce matériel de propagande, le résistant Missak est décrit comme « chef de bande », entouré par neuf de ses camarades, la plupart juifs, dont les visages graves et émaciés sont encerclés, telles des cibles tenues en joug dans le viseur d’un fusil. (...)
– 21 février 1944 - L’Affiche rouge
Le 21 février 1944, les murs de Paris se couvrent de grandes affiches rouges. Placardées à 15 000 exemplaires, elles font état de l’exécution au mont Valérien de 23 « terroristes » membres d’un groupe de FTP (francs-tireurs partisans), qualifiés d’« armée du crime ».
Le chef de ce groupe de résistants s’appelle Missak (Michel) Manouchian. Il est né en Arménie 36 ans plus tôt et a perdu son père dans le génocide arménien.
Quand il arrive en France, en 1924, il apprend le métier de menuisier et adhère au syndicat communiste, la CGTU. Il écrit par ailleurs des poèmes et se consacre à la littérature et à l’étude. Au Parti communiste, il fait partie du groupe MOI (Main-d’Oeuvre Immigrée). Pendant l’occupation allemande, il rejoint un petit réseau de résistants communistes, les FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans-Main-d’Oeuvre Immigrée).
La propagande nazie daube sur l’origine étrangère de Manouchian et de ses compagnons d’infortune (pour la plupart Arméniens comme lui ou juifs d’Europe de l’Est). Mais il n’est pas sûr que cette argumentation ait eu l’effet attendu sur l’opinion française si l’on en croit le beau poème de Louis Aragon chanté par Léo Ferré... (...)