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Slate.fr
À Shanghai, la police expulse des résidents pour installer un centre de quarantaine
Article mis en ligne le 16 avril 2022

Des affrontements ont eu lieu entre la police et les habitants d’un immeuble délogés dans le cadre de la politique « zéro Covid » menée par la Chine.

Sur les images, on voit des policiers en combinaison de protection contre le Covid-19 violenter des civils pour les évacuer de leur immeuble, tandis que d’autres résidents sont agenouillés au sol en signe de protestation.

Plusieurs vidéos, diffusées ce jeudi 14 avril sur les réseaux sociaux chinois, notamment Weibo, ont circulé et rendent compte d’une opération policière à Shanghai visant à expulser certains résidents pour mettre en place des installations de quarantaine, et recevoir des personnes atteintes du Covid-19. (...)

Vendredi 15 avril au matin, les censeurs avaient fait le nécessaire pour nettoyer l’internet chinois de ces vidéos, qui restent néanmoins visibles sur des plateformes interdites en Chine comme Twitter et Facebook. (...)

Shanghai connaît actuellement un pic de contaminations depuis le début de la pandémie amorcée à Wuhan fin 2019, avec plus de 20.000 nouvelles contaminations par jour.

Alors que Pékin a engagé une politique « zéro Covid », les 25 millions d’habitants du principal centre financier de la Chine, sous le coup d’un confinement strict débuté à la fin du mois de mars, commencent à subir les effets de pénuries alimentaires. En plus de cela, des critiques ont commencé à percer face aux autorités locales, qui internent de force certains habitants testés positif au Covid-19 pour les emmener dans des installations centrales de quarantaine souvent surpeuplées et insalubres, et cherchent désormais à réquisitionner des appartements pour installer de nouveaux lits à destination des patients atteint du Covid-19.

Trente-neuf ménages ont ainsi été sommés de quitter leur complexe d’habitation dans le nouveau district de Pudong, « afin de répondre aux besoins de prévention et de contrôle de l’épidémie », a déclaré le groupe Zhangjiang, promoteur du complexe immobilier appartenant à l’État et visé par l’opération de police. (...)

« C’est de la folie, a déclaré un habitant du quartier au Guardian. Nous n’avons jamais pensé que cela aurait pu arriver à Shanghai. Ne sommes-nous plus la fenêtre de la Chine sur le monde ? Les bureaucrates de Shanghai n’ont-ils pas honte de ce qui s’est passé dans notre ville ces dernières semaines ? »