Il était le dernier Européen détenu arbitrairement au Venezuela. Le Français Julien Février a été libéré lundi 6 avril. De retour en France, il raconte ses quinze mois passés dans l’enfer de la prison d’El Rodeo 1.
Remis à l’ambassade de France à Caracas lundi 6 avril, il a atterri à Paris deux jours plus tard via Madrid. C’est donc là, dans le jardin d’un hôtel de l’aéroport d’Orly, qu’il raconte les circonstances de son arrestation, le simulacre de procès qu’il a subi et les tortures infligées en prison.
Lorsqu’il est arrêté en janvier 2025 en pleine rue à Caracas, cela fait des années que Julien Février bourlingue. Il raconte avoir d’abord vécu en Ukraine où il s’est marié, avant de divorcer. Il a ensuite séjourné en Équateur, puis en Colombie. Le Venezuela, il y est allé une première fois en 2023. Il a tellement aimé qu’il y retourne l’année suivante.
Mais depuis la réélection contestée de Nicolas Maduro le 28 juillet 2024, la répression s’est durcie. Déjà fréquentes par le passé, les détentions arbitraires se multiplient. Tout comme les arrestations d’étrangers, utilisés comme monnaie d’échange. (...)
« On se dit que c’est fini, qu’ils vont nous exécuter »
Le Toulousain de 35 ans reste malgré tout et est arrêté à son tour. « Des policiers se sont approchés de moi comme pour un simple contrôle de papiers et, là, il était déjà trop tard. Je me suis fait kidnapper. » Julien Février passe d’abord un mois dans les locaux du renseignement militaire. Menotté, la tête recouverte d’un capuchon, il est aussi plusieurs fois passé à tabac. Jusqu’au jour où il est embarqué avec d’autres vers un lieu inconnu.
Ce jour-là, le convoi s’arrête en pleine campagne. « Au bout d’une demi-heure, on vous descend du véhicule et on vous fait vous mettre face à un mur. Vous avez deux mètres d’intervalle et là, on entend le bruit du chargement des armes. Et on se dit que c’est fini, quoi, ils vont nous exécuter. Et en réalité, cinq minutes plus tard, c’est là que vous entrez dans cette prison de haute sécurité qui s’appelle Rodeo 1. » (...)
« Tout est fait pour qu’on ne nous retrouve pas, témoigne Julien Février. À notre arrivée, on se voit attribuer un faux prénom et un faux nom. Et toutes les semaines, on nous change de cellule pour ne pas qu’on sache qui est qui, qui est là pour quoi… » Il y a là une centaine d’étrangers. Parmi eux, le Franco-Chilien Camilo Castro.
Un procès expéditif (...)