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Reporterre/seconde enquête réalisée en partenariat avec StreetPress sur la Coordination rurale.
Violence, racisme, climatoscepticisme... Ces figures radicales de la Coordination rurale
#agriculteurs #coordinationRurale
Article mis en ligne le 7 février 2026
dernière modification le 4 février 2026

La Coordination rurale se revendique apolitique, sur le papier seulement. Dans les faits, plusieurs cadres du syndicat agricole sont proches de l’extrême droite et d’autres nourrissent leur radicalité sur les réseaux sociaux. Focus sur quatre d’entre eux.

l’homme fort de la CR du Nord relaie régulièrement les publications des élus du Rassemblement national (RN) sur son compte X. On y retrouve les lamentations de Jordan Bardella sur l’interdiction de la vente des véhicules thermiques en 2035, une vidéo de l’eurodéputé RN membre de la Commission agriculture Gilles Pennelle, les interventions des députés RN Jean-Philippe Tanguy, Franck Allisio, Hélène Laporte… Et même un communiqué du RN des Hauts-de-France signé par le député RN et vice-président de l’Assemblée, Sébastien Chenu. (...)

Patrick Legras partage régulièrement sur ses réseaux sociaux les contenus des médias au service de l’extrême droite comme Frontières, Valeurs actuelles, Omerta, Radio Courtoisie, Tocsin et CNews, et n’hésite pas à participer à ces trois derniers. Le syndicaliste republie également les interventions de figures de la mouvance : Philippe de Villiers sur l’antenne de Bolloré, les vidéos de Pierre-Guillaume Mercadal.

Il lui arrive par ailleurs de trouver « chouette » une publication de l’influenceur identitaire Damien Rieu, qui incite les « salafistes » à investir dans l’immobilier saoudien. (...)

Le représentant de la Coordination rurale est un climatosceptique assumé. (...)

Pierre-Guillaume Mercadal, médiatique porte-parole du Tarn

Cheville plus médiatique qu’ouvrière de la Coordination rurale, Pierre-Guillaume Mercadal est en première ligne de toutes les actions de son syndicat où on peut trouver une caméra.

Cet éleveur de cochons du Tarn-et-Garonne a été recruté par la CR après s’être fait connaître avec « l’affaire Mercadal ». Une histoire qui l’a opposé au maire de sa commune Montjoi qu’il a harcelé dans de nombreuses vidéos. Il s’est notamment filmé en train de déposer un cochon mort sur le bureau de l’élu. Avec l’influenceur d’extrême droite Papacito, il a comparé l’édile à une « fouine franc-maçonne protégée par la République ». (...)

Le harcèlement intense dont le maire et un journaliste ont été victimes a valu à Pierre-Guillaume Mercadal un an de prison avec sursis en juillet 2024. Il a fait appel de cette décision. À nos confrères de Franceinfo, il a déclaré en janvier qu’il referait la vidéo avec Papacito « sans aucune hésitation ».

Liens avec Papacito et Éric Zemmour (...)

En plus de son amitié avec Papacito, l’éleveur a un autre lien intime avec l’extrême droite radicale : il est marié à Claire Bizien, chanteuse connue sous l’alias Epona, ancienne égérie du très pétainiste Parti de la France. Sur la chaîne YouTube du mouvement, elle animait les interviews « Faf and Curious » et posait la question : « Mussolini ou Hitler ? » (...)

Richard Roudier, cadre identitaire dans le Gard

Face à Pierre-Guillaume Mercadal et ses vidéos sur les réseaux sociaux, Richard Roudier passe davantage sous les radars. Il a pourtant un passif politique conséquent et des responsabilités dans un mouvement violent. Ce septuagénaire identitaire est souvent cité dans la presse quand il faut évoquer les liens entre la Coordination rurale et l’extrême droite (...)

Derrière sa moustache qui le ferait sortir d’un roman de Marcel Pagnol, Richard Roudier est surtout depuis longtemps un compagnon de route de l’extrême droite la plus radicale. Séduit dès son plus jeune âge par le poujadisme, le natif de Béziers est passé par le groupe néofasciste Europe Action. Adepte des coups de chaîne de vélo lors des affrontements contre des militants d’extrême gauche en mai 68, il se vante, dans sa biographie publiée en 2013, d’y avoir gagné « une réputation de psychopathe ».

En 2017, Richard Roudier mène l’expédition d’une dizaine de militants qui saccagent les locaux d’une association d’accueil des mineurs isolés étrangers — il a été relaxé par la justice. En 2023, il a été à des rassemblements d’extrême droite virulents qui mêlaient partis politiques et radicaux contre les centres pour demandeurs d’asile de Callac ou de Saint-Brevin-les-Pins. (...)

Benjamin Bajada, coprésident de la CR héraultaise

« Et les Arabes qui tuent des familles françaises ? Qu’est-ce que vous en faites ? » lance Benjamin Bajada, coprésident de la Coordination rurale de l’Hérault, en direction des forces de sécurité déployées le 13 décembre 2024 lors du blocage d’une route à Villeneuve-lès-Béziers.

À l’époque, la scène, immortalisée par une vidéo, avait fait le tour des réseaux sociaux. À tel point que le syndicaliste enregistre une seconde vidéo dans la foulée, publiée sur X, afin de présenter des excuses. Arguant qu’il avait lâché ces propos « sur le coup de la colère » et qu’il ne parlait « pas des Maghrébins en général », mais stigmatisait plutôt « des racailles » de « toute origine ». « J’ai des amis maghrébins, alors je suis loin d’être raciste », ose-t-il. (...)

Le 24 janvier, il partage sur sa page Facebook la vidéo d’un discours du cofondateur du Front national, Roger Holeindre. Titrée « Roger Holeindre était un homme exceptionnel », la publication rend hommage à cet ancien membre du mouvement terroriste d’extrême droite OAS, l’Organisation de l’armée secrète.

D’après nos informations, Benjamin Bajada, en faveur d’un Frexit « comme ce qu’ont fait les Anglais », a pourtant perçu 6 725,95 euros d’aides environnementales issues de la Politique agricole commune en 2024.