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Marie-Claude Saliceti
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Infomigrants
Un réseau de passeurs entre la France et l’Italie démantelé
#France #Italie #migrants #immigration #passeurs
Article mis en ligne le 28 février 2026
dernière modification le 24 février 2026

(...) Une opération, menée conjointement par les polices italienne et française lundi 16 février, a permis d’interpeller douze personnes soupçonnées d’appartenir à un réseau de passeurs. Sept étaient en Italie - dans les provinces d’Imperia, de Turin et de l’Aquila - et cinq en France, dans les régions de Marseille, Nantes et Nice. Elles sont toutes accusées d’avoir organisé, à divers niveaux d’implication, le passage de la frontière franco-italienne pour des migrants en situation irrégulière.

Les éléments de l’enquête font état d’un réseau structuré et coordonné qui opérait des deux côtés de la frontière. En fonction de l’itinéraire, les passeurs faisaient payer aux exilés des sommes allant de 50 à 300 euros.

L’option au prix le plus modeste consistait à faire traverser les migrants par les chemins escarpés des montagnes qui séparent les deux pays. Pour un prix compris entre 70 et 100 euros, les passeurs organisaient un passage via les bus ou trains de la région. De faux documents et des vêtements pour se fondre dans la masse des voyageurs étaient fournis par les passeurs. (...)

À d’autres occasions, les suspects ont forcé des camions stationnés au terminal routier de Vintimille, à destination de la France et d’autres pays, afin d’y faire entrer clandestinement des migrants. (...)

Enfin, le dernier itinéraire, la traversée en voiture ou taxi, considéré comme plus sûr et plus discret, coûtait environ 300 euros. Durant l’enquête, la somme de 13 400 euros a été saisie par la police mais les paiements étaient également effectués par rechargement de cartes prépayées et par virements bancaires vers des comptes italiens et étrangers.

Les enquêteurs accusent le réseau d’avoir organisé le passage d’environ 200 personnes. Il s’agissait majoritairement de ressortissants du Maghreb et de la corne de l’Afrique qui avaient déjà des contacts en Europe. L’enquête a mis en évidence des contacts entre les suspects et d’autres résidents en Europe (Royaume-Uni, France, Espagne, Allemagne et Luxembourg) désireux de faire passer la frontière à leurs connaissances.
Nouvelle brigade de police franco-italienne

Cette opération a été présentée comme le premier succès opérationnel de l’unité de renseignement opérationnel franco-italienne (URO). Créée en janvier 2025, cette unité de police basée à Vintimille "regroupe des experts dans le domaine du renseignement et de la lutte contre les réseaux d’immigration clandestine italien et français", selon le ministère de l’Intérieur français. (...)

Les contrôles policiers se sont d’ailleurs largement renforcés ces dernières années le long de cette frontière. En septembre 2025, le préfet de la région, Laurent Hottiaux, précisait qu’entre 250 et 300 agents sont mobilisés chaque jour à la frontière pour surveiller les différents axes de passages - ferroviaires, autoroutiers ou pédestres -, en plus d’opérations aériennes réalisées chaque semaine.