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Entre les lignes Entre les mots/Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)
Tunisie : Une mobilisation importante, une justice partiale. La lutte des ouvrières de Kairouan continue
#Tunisie #Kairouan #femmes #syndicalistes #repression
Article mis en ligne le 25 novembre 2024

Soutien aux ouvrières de Kairouan et à Jamel Cherif :
défendre les droits syndicaux et la dignité humaine

Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) salue la mobilisation massive qui a permis d’obtenir la libération de Jamel Cherif, secrétaire général de l’Union locale du travail de Sbikha (UGTT), ainsi que de trois ouvriers de l’usine de chaussures Ritun, condamnés avec des peines de prison avec sursis. Le 21 novembre 2024, le tribunal de Kairouan a rendu son verdict, marquant une étape importante dans une lutte qui a été rendue possible grâce à la détermination des ouvrières, premières en ligne dans ce combat pour des conditions de travail dignes et la défense des droits syndicaux.

Depuis le début de cette affaire, les ouvrières de l’usine Ritun ont été au centre des mobilisations, bravant la répression pour défendre leurs droits face à des conditions de travail injustes et précaires. Parmi les 27 licenciés, nombreuses sont les femmes qui ont payé le prix fort pour avoir tenté de créer un syndicat, un droit pourtant garanti par la loi. Malgré les pressions, elles n’ont jamais cessé de revendiquer la justice et la dignité pour elles-mêmes et pour tous les travailleurs.

Le CRLDHT tient à rendre hommage au courage de Jamel Cherif, un syndicaliste exemplaire qui a fait face à une situation syndicale extrêmement difficile (...)

La condamnation de Jamel Cherif et des trois ouvriers avec des peines de prison avec sursis, après des accusations fallacieuses de perturbation de la production, est une tentative claire de criminaliser l’action syndicale. Ce verdict, bien que moins sévère qu’attendu grâce à la pression populaire, reste inacceptable. Il démontre la fragilité des droits syndicaux en Tunisie et l’urgence de les défendre face aux tentatives de répression.

Le CRLDHT souligne le rôle indispensable des syndicats, particulièrement celui de l’UGTT, dans cette lutte. Grâce à la solidarité exprimée par le Syndicat de l’enseignement secondaire de Kairouan, qui a appelé à une journée de grève, la pression sur les autorités a permis d’obtenir des concessions. (...)

Le CRLDHT réaffirme que la lutte n’est pas terminée. Nos exigences restent claires :

* L’annulation totale des condamnations de Jamel Cherif et des trois ouvriers. La justice ne doit pas être un outil de répression.

* La réintégration immédiate des 27 ouvrières et ouvriers licenciés, avec des garanties contre toute forme de représailles.

* Le respect intégral des droits syndicaux, incluant la liberté de se syndiquer, de manifester et de négocier, conformément à la Constitution tunisienne et aux conventions internationales ratifiées par la Tunisie.

* Des conditions de travail dignes pour toutes et tous, en mettant l’accent sur les droits des femmes ouvrières, qui sont les premières touchées par la précarité et la discrimination.

* Une enquête indépendante et impartiale sur les pratiques de l’usine Ritun, pour faire la lumière sur les violations des droits des travailleuses et travailleurs.

* Un dialogue social sincère entre les syndicats, les employeurs et les autorités, pour éviter que de telles situations ne se reproduisent.

Le CRLDHT appelle la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains et les syndicats du monde entier à poursuivre leur soutien aux ouvrières et ouvriers de Kairouan (...)