
Pour lutter contre la prolifération des gangs, leur violence, l’augmentation des fusillades et des attaques à l’engin explosif liées à des règlements de compte, le gouvernement suédois, gouvernement de droite soutenu par l’extrême droite, envisage de surveiller les communications et les échanges téléphoniques des adolescents de moins de 15 ans.
La Suède est confrontée à la violence des gangs et de plus en plus d’adolescents sont enrôlés de gré ou de force par ces bandes criminelles. C’est ce qui ressort d’une commission d’enquête. Et tous les partis politiques, quelle que soit leur orientation, en sont pleinement conscients. En novembre dernier, la commission a présenté son rapport et ses recommandations. Parmi celles-ci, surveiller les ados.
Pour mettre en pratique cette idée, il faudra d’abord modifier la loi afin que la police puisse surveiller secrètement les appels téléphoniques et les communications électroniques des jeunes. Des mineurs souvent recrutés, engagés comme tueurs à gages parce qu’ils n’ont pas atteint l’âge de la responsabilité pénale, fixé à 15 ans.
Lors d’une conférence de presse, en décembre dernier, le ministre de la Justice, Gunnar Strommer était très clair. "Aujourd’hui, ces réseaux recrutent des enfants de 10 et 11 ans. Les armes et les explosifs sont manipulés par des jeunes de 12 et 13 ans. Les fusillades et autres crimes violents graves sont souvent commis par des jeunes de 14 ou 15 ans".
Ce que confirme, Ottilia Ferey, correspondante RTBF sur place. (...)
Il faudra toutefois "un degré de suspicion plus élevé que celui exigé pour les adultes pour conduire de telles écoutes", a expliqué une experte. Comprenez dans le cas d’une enquête portant sur un crime passible d’une peine d’au moins quatre ans d’emprisonnement ou sur une infraction terroriste.
Dans les cas où les suspects sont âgés de plus de 15 ans, l’enquête portera sur un crime passible d’une peine d’au moins deux ans. (...)
La Suède est le pays qui compte le plus de fusillades en Europe. Elles sont quotidiennes et souvent mortelles. En un an, leur nombre a plus que doublé, comme l’explique Ottilia Ferey. "Les chefs de gang, ici, ils agissent depuis l’étranger et ils se servent d’intermédiaires pour recruter des adolescents sur des messageries cryptées. C’est devenu un genre de marché où des missions sont publiées sur des forums de discussion. On parle même d’influenceurs du crime qui sont présents, notamment sur TikTok. Certains de ces très jeunes ados sont même demandeurs de contrats. L’année dernière, la police a retrouvé une conversation entre un enfant de onze ans qui écrivait sur Instagram qu’il était impatient d’avoir son premier corps. Son interlocuteur, âgé de 19 ans, lui promettait 13.000 euros pour commettre un meurtre. Les jeunes sont souvent en quête d’un statut, d’un sentiment de reconnaissance, d’une fierté. Le garçon de onze ans dont je parlais à l’instant, par exemple, quand il a été arrêté, il a admis à la police qu’il avait écrit ce message pour paraître cool et ne pas montrer sa peur." (...)
Surveiller électroniquement les adolescents suscite pas mal de réactions dans la société. Dans les faits, il y aurait des consignes à suivre, celles des services sociaux, comme l’obligation de rester à la maison entre 18 heures et 7 heures le lendemain. C’est du moins ce qu’indique l’agence de presse suédoise TT dans une dépêche publiée par Aftonbladet. Seuls les jeunes de 15 ans et plus y seraient soumis et ce pour une durée maximale de six mois par an.
Pour "protéger" les jeunes, le gouvernement entend aussi leur mettre un bracelet électronique, si besoin. (...)
Autre mesure susceptible de se retrouver dans la nouvelle loi, l’introduction d’obligations pour les parents des adolescents suivis par les services sociaux. Ils devraient, par exemple, participer à des réunions ou à des formations parentales, s’assurer que leurs enfants font leurs devoirs ou participer à des activités de loisirs. Sous peine de devoir payer des amendes proportionnelles à leurs revenus. (...)
La ministre s’est toutefois refusée, comme c’est le cas au Danemark, de sanctionner les parents pris en défaut en diminuant les prestations sociales qui leur sont versées. (...)
Cela fait plusieurs années que la Suède est confrontée à la violence des gangs. Ces groupes se disputent le contrôle du trafic de drogue et n’hésitent pas à utiliser les fusillades et les attaques à l’engin explosif artisanal pour y parvenir.
En 2023, le pays a enregistré 53 décès dans 363 fusillades, des faits commis de plus en plus souvent dans des lieux publics et qui parfois des victimes innocentes, comme des passants. La Suède compte 10,5 millions d’habitants. (...)
Cela fait plusieurs années que la Suède est confrontée à la violence des gangs. Ces groupes se disputent le contrôle du trafic de drogue et n’hésitent pas à utiliser les fusillades et les attaques à l’engin explosif artisanal pour y parvenir.
En 2023, le pays a enregistré 53 décès dans 363 fusillades, des faits commis de plus en plus souvent dans des lieux publics et qui parfois des victimes innocentes, comme des passants. La Suède compte 10,5 millions d’habitants.