
Pénuries, conditions sanitaires désastreuses, exil… Début janvier, après plusieurs semaines de survie dans l’enclave bombardée, Reem Abu Shamla, ses huit fils et sa petite-fille ont enfin été réunis en région parisienne. Son mari, employé du Centre culturel français de Gaza, a été tué par un missile. (...)
Il travaillait depuis plus de vingt ans au Centre culturel français de Gaza et attendait d’être évacué par la France comme le reste de ses enfants. Il avait refusé de partir dans un premier temps avec sa femme et ses deux plus jeunes fils, préférant attendre avec ses quatre fils majeurs la prochaine évacuation, prévue quelques jours après. Mais les choses ont traîné pour des raisons toujours inexpliquées. (...)
Vêtue et voilée du noir du deuil, la mamma palestinienne d’à peine 50 ans parle clair et ferme. Elle commence par présenter ses neuf enfants dans l’ordre. « Iman, ma première et seule fille, est décédée il y a deux ans d’un cancer, nous laissant cette petite Salma, 2 ans et demi. Suivent les huit garçons par ordre de naissance (...)
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– (Ouest-France)
« Mes enfants sont traumatisés » : le dur retour d’une Française de Gaza
Une douzaine de jours après son évacuation de Gaza vers l’Égypte, et son retour en France, Sonia Ashqer, franco-palestinienne de 27 ans, nous raconte le soulagement, mais aussi le difficile retour à la vie. Ses trois enfants sont « traumatisés » par ce qu’ils ont vu et vécu, durant presque un mois, dans l’enclave palestinienne. (...)
Sonia Ashqer, franco-palestinienne de 27 ans, était professeure à l’Institut français de Gaza, avant le début de la guerre entre Israël et le Hamas. (...)
Derrière elle, elle a laissé sa maison et son mari, dont elle est sans nouvelles depuis trois jours. « Je ne sais même pas s’il est encore en vie… Il est resté à Gaza pour s’occuper de ses parents qui sont âgés. Sa priorité était qu’on soit tous les quatre en sécurité. Je n’arrive plus à dormir, c’est un stress constant, mais j’essaie de ne pas le montrer aux enfants », avoue-t-elle. (...)
« En arrivant en France, l’un de mes fils a demandé s’il pouvait boire deux verres d’eau. Sur place, on n’avait juste un bidon de 15 litres, qu’on remplissait tous les deux ou trois jours. Il fallait donc faire des économies », explique Sonia Ashqer. (...)
« Mes deux garçons font des crises d’angoisse la nuit, des cauchemars. Il y a quelques jours, le plus petit a tout de suite mis les mains sur ses oreilles lorsqu’il a entendu le bruit d’un avion. Je pense qu’ils seront marqués à vie » (...)
Une certitude, sa vie s’écrit désormais en France. « Parce qu’il ne reste plus rien de Gaza… » Même l’institut français, où elle enseignait, a été visé, début novembre, par une frappe de l’armée israélienne.