
En Kanaky, ce 24 septembre, le gouvernement intensifie la répression coloniale. Après la réinstauration d’un couvre-feu et le meurtre de deux jeunes, le Haut-Commissaire a menacé de morts les kanak, affirmant : « je n’ai qu’un conseil à leur donner, c’est de se rendre. C’est la seule issue qui leur sauvera la vie ».
(...) Quelque jours après le meurtre de deux jeunes kanak par les gendarmes en Kanaky, et à l’occasion des 171 ans de l’annexion coloniale du territoire par la France, les autorités coloniales revendiquent la journée « la plus calme » depuis quatre jours, suite à quelques incendies et accrochages réprimés rapidement par les forces coloniales ces dernières nuits. Un « calme » qui traduit plutôt une répression glaçante et meurtrière d’un État qui tente de tuer dans l’œuf toute contestation.
« C’est la seule issue qui leur sauvera la vie » : A Saint-Louis, le haut-commissaire profère des menaces de mort (...)
« On ira chercher tous ceux qui sèment le trouble à Saint-Louis. Et je n’ai qu’un conseil à leur donner, c’est de se rendre. C’est la seule issue qui leur sauvera la vie. »
Cette déclaration terrifiante témoigne de la véritable déshumanisation des kanak présente dans la rhétorique raciste de l’État, du gouvernement local, et de la presse coloniale depuis des mois, visant à dépeindre la population kanak comme une menace. Les propos relatés par Le Monde surviennent en amont du 24 septembre, journée qui marque les 171 ans de colonisation française en Kanaky, et qui cette année survient dans un contexte de répression sanglante de révoltes contre l’ordre colonial par des moyens totalement ahurissants, concentrés particulièrement à Saint-Louis. Jeudi dernier, deux kanak de la tribu, Samuel Moeika et Johan Kaidine, sont morts, tués par des gendarmes. Le bilan officiel compte désormais 11 morts. (...)
suite au dernier déploiement, ce sont près de 30 % des moyens de l’ordre de toute la gendarmerie française qui sont maintenant sur l’île, soit 6 000 policiers, gendarmes, et militaires pour un territoire de 270 000 habitants. Un déploiement inédit revendiqué par les autorités. Déjà depuis quelques semaines, 130 opérateurs du GIGN sont présents, ainsi que plusieurs engins blindés dont 14 Centaures, véhicules monstres déployés pour la première fois pour mater les révoltes contre la violence policière l’été dernier. Depuis le 21 septembre, 30 interpellations ont eu lieu, pour un total de 2 938. Les leaders indépendantistes sont toujours maintenus en hexagone, tout comme des dizaines de prisonniers de droit commun.
Craignant la révolte, l’État brandit la terreur coloniale (...)
A Saint-Louis, l’ambiance est particulièrement étouffante. Depuis juillet, la tribu, bastion du mouvement indépendantiste kanak, subit un siège policier et militaire intense, véritable embargo qui l’isole du reste du pays. (...)
Sous prétexte de restaurer l’ordre, l’Etat français soutenu par la droite coloniale de la loyaliste Sonia Backès entend bien maintenir le siège et poursuivre la militarisation croissante du territoire kanak. La nomination du nouveau ministre des Outre-mer, François-Noël Buffet – défenseur de la réforme du dégel du corps électoral, connu pour ses positions racistes lors de la révolte des banlieues et soutenu par les loyalistes – confirme le maintien de la politique répressive et coloniale du nouveau gouvernement, dans lequel ce poste est rattaché directement au cabinet du premier ministre. L’outre-mer, à l’avancée des contradictions de l’impérialisme français, se retrouve face à une répression sanglante, alors que l’État affiche clairement sa détermination à écraser toute résistance et à maintenir intacte sa domination coloniale.
Depuis la France et l’ensemble des colonies françaises, nous devons construire un véritable mouvement de défense du droit à l’autodétermination du peuple kanak et exiger la fin totale de la répression et le retrait de l’ensemble des troupes militaires et policières envoyées en Kanaky. (...)