
Nos forêts sont en train de mourir : c’est le constat alarmant de l’ONF, l’Office national des forêts. En six ans, plus de 300 000 hectares de forêts publiques ont subi une mortalité précoce. Cela représente 30 fois la superficie de Paris.
Les forêts françaises souffrent du changement climatique. La forêt domaniale du Corgebin, en lisière de la ville de Chaumont (Haute-Marne), en est un bon exemple. Sur 1 101 hectares, on y trouve des hêtres, chênes, charmes ou épicéas... Ou du moins ce qu’il en reste, comme l’explique Jean-Claude Tissaux, chargé de mission "reconstitution et adaptation au changement climatique" à l’ONF : "Jusqu’en 2017 ou 2018, c’était une forêt relativement dense. En plein, été, c’était sombre, avec beaucoup de feuilles sur les arbres. Là, ça s’est considérablement éclairci." (...)
Parmi les explications : la Haute-Marne vient de subir sept années de sécheresse et de chaleur exceptionnelles (à l’exception de 2021). Des conditions climatiques qui signent l’arrêt de mort de nombreux arbres (...)
Les arbres affaiblis n’arrivent plus à se défendre. Les scolytes, des insectes ravageurs, déciment les épicéas de cette forêt domaniale. D’autres essences n’arrivent plus à développer leurs branches. Les éclaircies créées laissent passer la chaleur, ce qui amplifie la sécheresse et les risques d’incendies. Un cercle vicieux qu’on retrouve partout en France, mais principalement dans l’est du pays.
"Dans un scénario pessimiste, le hêtre disparaît totalement" (...)
Partant de ce constat alarmant, l’ONF tente différentes approches : d’abord effectuer des coupes sélectives pour limiter la concurrence entre les arbres et favoriser leur pousse, ensuite planter différentes essences pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, et enfin tester de nouvelles essences. (...)